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26 décembre 2007

Oscar Peterson


Oscar Peterson died two days ago. He was a great pianist but not a major jazz genius. He was and remained a typical be-bop piano player, like a living fossil of the 50's well into the 1990's. He was less of a virtuoso than Bud Powell (let alone Art Tatum), displayed less harmonic and rythmic innovation than McCoy Tyner or Thelonious Monk, less colour and subtlety than Bill Evans etc.

The reason I like him is mostly his sensitivity as an accompanist and because he has been associated with some of the greatest moments of jazz. I can think of at least three series of old-fashion standards recordings that I love, with Peterson at the piano:
- The Verve recordings of 'Ella and Louis' produced by Norman Granz
- The most heartbreaking and beautiful version of 'Love for Sale' by Billie Holiday, with the lightest touch of Peterson in the background
- The recordings with Niels-Henning Orsted Pedersen and Stephane Grappelli

Besides Peterson was a nice decent man. How come fat old black jazzmen are always nice decent men, while most pop stars are stupid nasty anorexic bitches?

7 mai 2007

tout est bon dans la Juliette

Depuis mon papier sur Le Festin de Juliette j’ai écouté ses autres disques, plus anciens et plus récents, et je peux dire que ‘tout est bon dans la Patronne’. Je suis toujours plus impressionné par l’éventail de ses talents et de son tempérament.

Je citais la filiation Brassens pour la rigueur de l’écriture, l’inscription dans l’héritage littéraire et poétique, la vision du monde; mais Brel, le Brel comique et ironique, est une influence plus claire et plus importante dans son interprétation et sa présence théâtrale, son tempérament d’ogre rageur, qui ose tous les effets de voix, les accents, les pastiches, les blagues (au contraire de la sobriété de Brassens). Juliette a beaucoup chanté le grand Jacques sur scène – elle donne une merveilleuse interprétation des Timides dans Deux Pianos.

Le registre thématique et musical de Juliette ne connaît pas de limites ; elle tente tout et excelle partout, jugez vous-même : elle passe du comique-troupier-fanfare à la Fernandel (Revue de détail) à un texte de poète arabe moyenâgeux (L’Ivresse d’Abhu-Nawas). Elle traduit et chante en latin un texte de Baudelaire (Franciscae Mae laudes), avant un sketch musical electro (Fantaisie Héroique) sur ce truc que dans ma boite de geeks on appelle les MMOG (Massively Multiplayer Online Games – bref les jeux de rôle ‘fantasy’ sur internet). Elle s’inscrit aussi avec plus ou moins de distance dans la belle tradition accordéon-musette (chansons comiques ou ‘réalistes’), et nous fait de pures délires potaches à la VRP, à la Coluche (Tout est bon dans le cochon).

Rimes féminines (1995)

La chanson éponyme, une chanson féministe de combat, ouvre le disque avec brio et musique militaire. Puis l’on passe en revue tout l’éventail des femmes et de la condition féminine : égéries, tueuses, géante, soldate, pute, consommatrice, petite fille modèle, maquerelle, amante, avortée, mère de Carlos Gardel, meneuse de revue.
La plupart des paroles sont de Pierre Philippe, les musiques et arrangements sont de Juliette ou Didier Goret.

J’ai déjà cité Revue de Détail, sketch troupier féminin, coquin avec l’accent. Consorama est une brillante dissertation sur le monde consumériste en forme d’opérette publicitaire, avec orgue hammond et vibraphone (ambiance année cinquante, chœur de jingle radiophonique). La Géante est un conte moyenâgeux érotique inspiré de Rabelais. Puis Juliette nous joue une mère maquerelle de choc sur un air de jazz cabaret (Remontrances) une diva de music-hall Broadway avec I’m still here – Tenir (chanson de Stephen Sondheim). J’ai cité l’influence de Danny Elfman dans Le Festin de Juliette sans savoir que j’allais trouver dans Tueuses sur cet album une citation directe du thème du Noël de Monsieur Jack (clochettes comprises) dans cette chanson composée et arrangée par Didier Goret.

Deux Pianos (1996)

Concert à la salle Gaveau en 1996 avec Didier Goret, ou Juliette reprend la plupart les chansons de Rimes Féminines. Dans une salle classique, il était approprié de commencer par La Petite fille au Piano. Une petite bûcheronne du piano, une bête à concours comme il y en a tant (‘teigne comme l’était Rubinstein’) massacre les touches avec des airs de sainte nitouche et une rage effrayante contre le monde.

Pour préparer le conservatoire
Maman fait mander tous les soirs
De vieux messieurs habilités
A venir vérifier mon doigté
Sur moi ils ne posent pas leurs pattes
Maman l’interdit mais constate
Qu’eux partis, un machin brillant
Scintille au creux de mes rubans


Ca commence mimi donc puis ça commence à se dégrader.

Pour remporter le prix Cortot
(variante live : Pour jouer à la salle Gaveau)
J’ai joué comme on joue du couteau
Et pour épater les clampins
J’suis prête à massacrer Chopin


Puis la petite se déchaîne en improvisions mozartiennes et la voix gronde d’une haine destructrice. Les longs cheveux dans le dos et la robe de percale blanc cachent en fait l’un des anges de l’apocalypse:

Je jouerai pour vos faux prophètes
Et je jouerai pour vos défaites
Je jouerai pour vos dictateurs
Je jouerai quand vous aurez peur
Car on a besoin de virtuoses
A l’heure ou la bombe H explose
Et déchaînant mes sentiments
Je jouerai pour vos enterrements


Apres avoir susurré plusieurs textes intimistes (dont Les Timides, Papier Buvard, La Joconde), Juliette nous donne un autre grand moment de folie avec une bourrée/musette surréaliste aux accents d’Erik Satie: Tout est bon dans le cochon. Elle y déchaîne simultanément ses talents pianistiques et comiques (ce qui va tout de même assez rarement ensemble, il faut l’admettre), un peu comme quand Coluche jouait du violon avec des gants de boxe.

Désormais je veux chanter l’cochon
Le pâté, l’saucisson
Répétons sur cet air polisson
« Qui c’est qu’est bon ?
Ben, c’est l’cochon »


Paroles inoubliables, cette ode à la charcuterie prend des accents philosophiques (‘philosophique de base’ précise Juliette entre deux couplets) :

En ces temps d’régime allégé
La résistance
Passe par le gobage effréné
D’rillettes du Mans
C’est une drogue, une friandise
A un tel point
Qu’on en planque dans les valises
Comme Jean Gabin


Juliette et Didier s’amusent comme cochons en foire. La chanson se termine en un délire potache. On refait la coda, pour avoir un truc plus comme-il-faut (enregistrement salle Gaveau, rappelons-le…) et re-délire total.

Mutatis Mutandis (2005)

Mutatis Mutandis (ce qui devait changer ayant été changé) est le dernier en date des albums de Juliette. La patronne ne se contente pas de faire de grandes chansons (ici pour la première fois elle a aussi écrit toutes les paroles), elle les assemble en donnant une unité de couleur et de thème à chacun de ses albums. Rimes Féminines est une ode aux femmes et à la féminité ; la dominante, le fil rouge de Mutatis Mutandis, un disque plus sombre et plus inquiétant, c’est l’érudition latine, les mythes et les sonorités orientales, méditerranéennes.

La chanson éponyme nous parle de magie et de décadence.

Du temps que j’étais belle
Et bien un peu puérile
Je transformais les hommes en animaux
O combien de marins O combien d’imbéciles
J’ai changé en pourceaux
Mon nom vous parle encore
De légendes anciennes
Je m’appelle Circé
Et je suis Magicienne


Mutatis Mutandis
Ici je veux un groin
Un jambon pour la cuisse
Et qu’il te pousse aux reins
Un curieux appendice
Maintenant je t’impose
La couleur d’une rose
De la tête aux coccyx
Mutatis Mutandis


L’Incantation magique de Circé change ensuite de nature ; les hommes sont irrécupérables et le cochon – animal sympathique - est encore trop bon pour les eux ; pour hâter la fin du monde, Circé va donc nous pousser du coté des rongeurs et des charognards.

Mutatis Mutandis
Ici je veux des dents
Que ton poil se hérisse
Qu’il coule dans ton sang
La fureur et le vice

Mutatis Mutandis
Que brûle dans ton cœur
La haine et l’avarice
Et prend du prédateur
La sinistre pelisse
Sois aveugle et sois sourd
Et mène au sacrifice
La pitié, et l’amour


Dans Maudite Clochette, une soubrette modèle nous conte son sale métier dans les beaux quartiers et comment elle finira bien pour couper la tête à sa patronne.
Ambiance plus légère, Le Congres des Chérubins est une charmante comptine sur la réunion annuelle du syndicat des puttini, fesses a l'air et joues rebondies. Enfin deux beaux duos, l’un avec Guillaume Depardieu, l’autre comique avec son alter ego bourvillesque, François Morel (Mémère dans les orties).

30 avril 2007

Dance of Fire, par Aziza Mustafa Zadeh




Aziza Mustafa Zadeh, pianiste, chanteuse, compositeur, est la fille du grand pianiste jazz azeri Vagif Mustafa Zadeh qui a inventé le style Jazz-Mugam, mélange de jazz et de musique traditionnelle d’Azerbaïdjan. (Mon copain Olivier qui a vécu là-bas, à Bakou m’a rapporté des disques pirates de Vagif.) Sa mère, Eliza, est une cantatrice d’origine georgienne. Aziza a hérité de tous leurs talents et sa formation de pianiste classique a ajouté encore une autre palette à sa musique.

Aziza est née le 19 décembre 1969 soit 10 jours avant moi. Elle est cataloguée en ‘jazz fusion’; c'est un terme que j’aime pas trop. Il évoque le no-man’s land des section jazz, les soupes jazz rock électronique. Disons simplement que Zadeh compose et joue du jazz, avec de fortes couleurs de mugam et de musique classique contrapuntique. Malgré la première partie de son patronyme qui évoquerait plutôt un balèze à grosses moustaches, Aziza est aussi une très belle femme, et consciente de l'etre, avec de grands yeux noirs, une moue et un port altier de princesse arabo-andalouse.

Dance of Fire, paru en 1995, est le troisième disque d’Aziza et le premier que j’ai écouté. En 1996, Seventh Truth est paru, et c’est le disque que nous écoutions en boucle pendant notre croisière aux Grenadines avec Séverine, Christophe et Philippe (avec Austin Powers, bien sur). Un disque mélancolique qui reste associé à la couleur bleue et à la lecture de Nostromo. J’aime aussi Shamans (2002). Mais restons sur Dance of Fire, qui est toujours mon disque préféré de Mustafa Zadeh.

Le meilleur moment est la suite instrumentale Dance of Fire, en quatre parties (Boomerang, Dance of Fire, Sheherazadeh, Aspiration) avec andantes, allegro et tutti quanti. Un jazz orchestral tres écrit. Un son plein, intense, baroque et andalou. Piano, guitare acoustique flamenco (le grand Al di Meola), guitare électrique basse.J’aime aussi Bana Gal, seul morceau où la Diva fait entendre sa magnifique voix de soprano. (Elle chante plus souvent dans les disques suivants.) J’aime aussi Passion et To be Continued, cantates be-bop. Aziza n'est pas la seule musicienne de jazz influencée par Bach, mais chez elle l’influence est directe et explicite.

Aziza est parfois difficile à trouver dans les bacs. On a trouve tantôt en 'jazz', tantôt en 'fusion', tantôt en ‘world’, et parfois pas du tout. Le mieux c’est encore online.

http://www.azizamustafazadeh.de/
http://www.azizamustafazadeh.com/

7 avril 2007

Le Festin de Juliette, par Juliette Nourreddine


J'ai envie d'écrire une série sur mes disques préférés. Pour vous donner envie de les acheter. J’ai envie de commencer par mon album de chevet depuis quelques mois. Le Festin de Juliette de la grande Juliette Noureddine, publié en 2002. Chaque écoute est une jubilation. C’est le meilleur disque français des dix dernières années, depuis Fantaisie Militaire de Baschung en 1998.

La patronne

Profonde et jamais grave, émouvante mais pas mélo. Drôle, moqueuse, gourmande, toujours changeante, Juliette s'amuse avec les mots et les styles musicaux. Rabelaisienne insolente et tendre, joignant la liberté de forme à une versification irréprochable (alexandrins, octosyllabes, rimes toujours ‘suffisantes’), elle est la seule chanteuse vivante à me rappeler le grand Georges. En fait l'impression dominante c'est l'autorité, la maitrise et la force tranquille de la Diva. Comme Barbara j'en suis sur, ses hommes la nomment 'Patronne'.

Le fond et la forme

Vous vous souvenez des commentaires composés? Ou on était censé montrer l’art d’un auteur par l’analyse de l’adéquation entre ‘le fond’ et ‘la forme’. La qualité d’un texte résidait dans la manière avec laquelle l’auteur mettait le style au service du sens. Eh bien c’est ça qui est admirable dans cet album – la capacité de Juliette à inventer la musique et les arrangements qui font de chacun ses textes ciselés une sorte de mini opéra avec changements d'humeur et de couleur musicale, rebondissements, alternance de farce et de tragédie. Comme chez Brel, Piaf et Barbara, chaque chanson est une histoire et un film. Juliette est aussi une grande humoriste et comme Sylvie Jolie ou Valérie Lemercier, chacun de ses sketches est raconté à la première personne.

Les arrangements sont un perpétuel délice, chaque nouvelle écoute révèle des trouvailles. Styles, bruitages, changements de rythme ; chacune des 11 chansons est un drame en trois actes et cinq minutes.

L’Eternel Féminin.
Prenant au mot le péché originel et la diabolisation éternelle de la femme, Juliette nous révèle ce que nous savions au fond depuis toujours : ‘Le diable est une femme / Les femmes c’est le diable’. D’ailleurs ‘La place d’une femme n’est-elle pas au foyer?’ Et Juliette la diablesse de conclure dans un soupir :

Et pour me faire ‘venir’
D’une voix qui frissonne
Il suffit de redire
‘Patronne’


Impatience.
Ecriture plus traditionnelle et sobre sur les 'plaisirs sans engagement' – non pas sur l'acte mais l’attente et l’anticipation du plaisir. Ici Juliette n’est pas l’actrice du drame mais la narratrice, le témoin. Dans la rue près de chez un ancien amant, elle reconnaît dans la démarche et l’air d’une passante les sentiments qu'elle connaît bien: 'L’heure des ivresses et des plaisirs / Que j’aimais tant qu’il y a longtemps'.Pour arranger la mélodie nostalgique et rétro, l’arrangement suave et tendre des films français des années 50 – swing guitare piano. Vacances de Monsieur Hulot.

Elle savait que le désir
Serait le maitre du moment
A l’heure où rien ne doit se dire
Qui ne soit mensonge ou serment


Garcon manqué.
Juliette a dix ans. Demain pour son anniversaire on lui donnera une boite de mécano, une tenue de zorro. 'Adieu les sales poupées, les jupes et les jupons'. Si elle arrive à traverser le pont de liane du tapis de l’entrée, infesté de serpents, comme son héros Indiana Jones. Charmant.
Comptine et film d’aventure Musique aux accents gréco-orientaux. Balafon africain.

Quand on vous aime comme ça.
L’héroïne de la chanson quitte son loft du 11eme pour s’en retourner à la terre et faire du vin bio. 'C’est une horrible piquette / Mais je la vends sur internet'. Ddénonciation des bobos cyniques anti-mondialistes.

Pour lutter contre la mondialisation
J’anime une association
On démonte des pizzerias
Au village on n'a que ca.


Arrangement successivement new age/hindou, puis breton/rock-musette

Mode d’emploi
La diva est finalement humaine. Comme chacun de nous simples mortels, elle ne sait pas lire les notices. Desproges déjà dans ses chroniques de la haine ordinaire dénonçait à juste titre le complot des objets contre nous – cintres, meubles en kit, portions de fromage fondu. Et les modes d'emploi font partie du problème.

Pour déballer une vache qui rit
Un CD d’Francois Valéry
C’est fou comme le monde se complique
Quand on lit pas les fiches techniques


Charmante petite comptine contre la vie quotidienne avec la encore l’arrangement qui va bien : une comptine au balafon.

Il n’est pas de plaisir de plaisir défendu
Encore une chanson épicurienne, d’une folle fantaisie. Trois couplets particulièrement savoureux.

Elle a goûte, sucé, mordu
Le succulent fruit défendu
Le bonheur vaut la réprimande


Elle est si bonne l’eau Jésus
Quelle idée de marcher dessus
Viens te baigner, rejoint la bande


Vive la barbe et les barbus
Allons au bois monsieur Landru
Envers vous ma confiance est grande

(Avec imitation de Bardot en prime).

Ambiance musique pieuse avec chœur à la con, mais chaque couplet dans un style différent : bossa nova, musique militaire, chanson réaliste, gipsy king, bretonneries.

La paresse est un hommage à la paresse en forme de berceuse ‘steel band’. Un ragga abscons est ragga-muffin gascon endiablé ou l’accordéon chauffe dur, la patronne fait ronfler l’accent du Gers dans une logorrhée de termes abscons, comme ceux qu’on était censé placer dans nos commentaires composés, vous vous souvenez ? Comme ‘logorrhée’. N’est-il pas plus abstrus que ses amphigouris?

Le dernier mot
Ma chanson préférée d’un album ou j’aime chacune des chansons. Cinq minutes de plaisir total et jubilatoire. J’ai été surpris à l’instant de voir sur l'écran de l’ipod de voir une durée de 5 minutes. Il se passe tellement de choses passionnantes dans ce texte et cette musique que je pensais que la chanson durait 7 ou 8 minutes. Festin d’intelligence. Juliette y passe en revue le mythe romantique du dernier mot et conclut que ce qu'on a à dire, 'il faut le dire avant'. Arrangements flamboyants à dominante jazz latino, saxo, saxo basse (rare), piano, guitare électrique, super passage salsa, plein de percus.

Sans doute l’idéal serait de la fermer
Un adieu du regard à ceux qu’on a aimé
Certes je me tairai si j'en ai le courage
Mais vous me connaissez
Et il serait dommage
D'aller contre nature
Que tradition se perde
Une dernière fois je pourrai dire
Merde


Le Festin de Juliette
Procession macabre et épicurienne. Accents de Poe, Brel (variation sur Le dernier repas), cuivres, cloches et pipeau (Danny Elfman dans L’Etrange Noel de M. Jack).

Tout est bon dans le cochon et tout est bon dans Juliette. D'ailleurs laissons lui le dernier mot.

Oui pour une gourmande
C'est une fin parfaite
De sceller son destin
Au festin de Juliette


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