7 février 2010

Corpse Bride, by Tim Burton

For the first session of a new cine-club series, on Saturday 6 of February at Alexes's place, I have drawn the ‘animation’ genre from the hat. I had already showed my all-time animation favourite, Monsters Inc. in a previous cine-club back in Meudon in 2006 . So this time I decided to go for my favourite director Tim Burton, and take the opportunity to illustrate my favourite animation technique: stop-motion puppetry.

As a matter of facts, I already wrote a paper on Corpse Bride in 2006.
I only have a few things to add today.

Burton started his career as an animator for Disney but left quickly as his gothic personality didn't fit well in the Mickey Mouse empire. Except for his brilliant short film Vincent in stop-motion, Burton then filmed mostly with live actors. He's to me one of the greatest film artists of our time. Apart from Corpse Bride and The Nightmare before Xmas, my favourite Burton films remain Edward Scissorhands and Ed Wood.

Time Out recently published a list of the ‘top 50’ greatest animation films of all time, with good reviews in it and comments from Terry Gilliam. I was shocked by their ranking (22nd) and comment on The Nightmare before Christmas and Coraline. They basically say that Coraline comes as no surprise as The Nightmare was already the works of Henry Selick and not Tim Burton. I think it’s pointless and ridiculous to deny Burton parenthood in The Nightmare as they try to do. Corpse Bride, written and directed by the master himself – and not even mentioned by Time Out’s list! - is proof that The Nightmare, though shot by Selick indeed, was a Burton production, out of Burton’s imagination and visual genius; he delegated the shooting to Selick but he remains the main author in my opinion. On the other hand, James and the Giant Peach (1996) was already the proof, if one was needed, that Selick is a great artist in his own right too. I personally consider Burton and Selick to be co-authors in The Nightmare, and the third father, composer Danny Elfman was essential in it, as he is again in Corpse Bride.

Anyway, it’s a shame to rank Nightmare or Coraline #22, and to ignore Corpse Bride altogether. They are both authentic, major masterpieces, not only among the very best animated movies of all time but simply among the best pictures of all time. In my personal list, the three in the top 10.

Where I may be partial to the Burton/Selick production and chose of their films for the cine-club is because puppet animation has a tremendous emotional appeal to me. To me, the best CGI rendering will never give me the light reflections and textures of puppet stop motion. And if it did, I would still prefer the idea of watching hand-made plasticine-and-fabric puppets rather than virtual CGI puppets. That’s me and my ‘rosebud’ childhood toy, the ViewMaster, the little magic lantern.

Flipping again through the beautiful book Corpse Bride, an invitation to the wedding (Titan Books), I found that quote from Tim Burton that summarises my feeling in better words: ‘There’s a magic and a mystery to stop-motion, a tactile quality, a handmade quality that gives it an emotional resonance to me.’

Finally, don't miss the upcoming Alice in Wonderland by Tim Burton in 2010!

l'âge d’or de l’animation

Suite au best 50 de Time Out, j'ai eu envie de faire mon propre classement des meilleurs films d'animation. C'est l'occasion de revenir sur mon idée que nous vivons dans un age d'or de l'animation, allelujah.

Tout s’est passé au milieu des années 90 et, comme toujours dans l’histoire de l’art, les grands chefs d’œuvre sont arrivés tout de suite dès le début de la période, dans sa fraicheur et son immaturité technologique. Quatre sources majeures ont alimenté la révolution: Pixar (Lasseter et alii), Studio Ghibli (Miyazaki et Takahata), Aardman (Nick Park et alii), et les productions de Tim Burton et Henry Selick. A l’inverse de la tendance générale de l’industrie, il existe encore un véritable systeme de studio dans l’animation, ce qui signifie non seulement surface et sécurité financière pour monter de gros projets, capacité à planifier longtemps à l’avance mais aussi une continuité dans les talents, les styles et l’émulation créative entre les différents réalisateurs appartenant à la meme écurie.

Ces quatre ‘sources’ se sont déployées dans quatre techniques différentes: le dessin animé ‘2D’ traditionnel pour le Studio Ghibli, mais aussi - nouveauté des années 1990 -, l’animation par ordinateur (Computer Generated Images) pour Pixar et ses suiveurs ; et la renaissance de l’animation image-par-image (‘stop-motion’) en volume: personnages de plasticine (Aardman studios) et marionnettes (Burton, Selick). L’animation en volume se prête d’ailleurs naturellement à l’arrivée des technologies de captation et restitution en 3D qui vont marquer les années 2010. En termes de rendu esthétique, ma préférence va vers l’animation en volume, mais il fait chaud au cœur de voir qu’après la longue agonie artistique de Disney, il est encore possible de créer des œuvres d’art pour grands et petits selon des méthodes et dans un style graphique relativement classiques : Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Cela veut dire que l’histoire et les personnages sont, évidemment, toujours la chose la plus importante, ce que, par contraste, quelques opportunistes du CGI (Dreamworks) ont parfois oublié.

Au commencement, donc, il faut se souvenir que le méchant magicien Walt Disney, businessman visionnaire, cynique et conservateur, mort depuis vingt ans (1966), continuait pourtant de régner sur l’industrie du ‘dessin animé’. Son monopole incontesté sur le cinéma pour enfants entrainait l’animation toujours plus bas dans une création toujours plus infantile, laide, dénuée d’humour, méprisant l’intelligence des enfants et des adultes, véhiculant une idéologie douteuse. Les années 70 donnaient le médiocre Bernard et Bianca. Le Roi Lion, le plus gros succès des années 80 symbolisait tout cela jusqu’à l’écœurement : laideur des images et de la musique, absence d’humour, idéologie reaganienne.

Et puis soudain, donc, trois coups de tonnerre: The Nightmare before Xmas (1993), Wallace & Gromit (1996), Toy Story (1995). Burton, Aardman, Pixar. Miyazaki et le studio Ghibli produisaient des longs métrages depuis 15 ans déjà mais c’est au début des années 90 (Porco Rosso 1992, Princesse Mononoké 1997) que le public occidental a commencé à le découvrir. L’originalité d’Aardman et la profondeur de Miyazaki ont été rapidement reconnues mais les critiques ont mis plus de temps à saluer la veine Pixar, qui formellement, se rapprochait plus de la source Disney (lovable characters, happy ends, family values). Le fait que Disney distribuait les films Pixar ajoutait à la confusion: puisque Disney appliquait son sceau, il s’agissait probablement de ‘films pour enfants’ mais juste en ‘images de synthèse’ comme on disait.

Je me souviens que le premier janvier 2000, à Barcelone je discutaillais avec mes copains cinéphiles sur l’idée d’un âge d’or de l’animation, leur disant que The Nightmare ou Toy Story étaient non seulement des œuvres d’art, les meilleurs films d’animation jamais produits, mais aussi des films supérieurs à la quasi-totalité des films en prise de vue ‘réelles’ produits dans les années 90. Pendant la décennie 2000, les quatre grandes sources ont continué de produire des chefs d’œuvres quasiment chaque année, et d’autres maisons, beaucoup d’autres auteurs ont bénéficié de financements toujours plus importants pour créer des longs métrages d’animation.

2009 a été une année exceptionnelle, avec pas moins de quatre films majeurs : Up (Pixar), Ponyo (Miyazaki), Coraline et The Fantastic Mr Fox de Wes Anderson. Le fait qu’un réalisateur comme Wes Anderson (que j'adore) choisisse l’animation stop-motion (que j'adore) pour adapter Road Dahl (que j'adore) et en faire une œuvre totalement personnelle, alors qu’il n’est pas un animateur de formation, était apparemment destiné à me combler personnellement. C'est aussi une nouvelle preuve que l’animation a quitté le ghetto et va continuer d’occuper une place de plus en plus importante dans la création cinématographique, dans tous les genres

Pour en revenir à l'histoire de cette révolution, l’achat de Pixar par Disney, avec les patrons de Pixar prenant de fait la direction créative de Disney, fut la consécration financière pour le principal pilier de l’âge d’or. La prochaine étape sera la consécration artistique ‘institutionnelle’.

Je prédis que verrons dans la décennie 2010 des films d’animation couronnés par les récompenses professionnelles majeures, Oscars et Palmes d’or. Si ceci n’est pas encore arrivé c’est que les professionnels du cinéma et les critiques de cinéma se rendent compte que les meilleurs films produits depuis 15 ans, quel que soit la combinaison de critères qu’on veuille considérer (succès public, qualité cinématographique, innovation technique et narrative, ou simplement une œuvre ‘qui restera’) sont pour la plupart des films d’animation. Lorsqu’on regarde la liste des Oscars en particulier depuis 10 ans, on voit que le Pixar ou le Miyazaki de cette année là était presque toujours un film supérieur au film vainqueur. Si donc on confine les films d’animation dans une catégorie secondaire c’est qu’ils rafleraient toutes les récompenses si on les comparait honnêtement aux films ‘normaux’ produits depuis 10 ans.

J’aime rappeler que Toy Story 2 eut droit à 10 lignes dans les Cahiers du Cinéma en 2002, dans lesquelles le critique condescendait à dire que ‘si le cinéma est l’art du divertissement, alors Toy Story 2 est un bon film.’ Le fait que Pixar, par exemple produise des films divertissants et accessibles aux familles et qui rencontrent un succès considérable a été longtemps difficile à avaler pour les critiques (et en écrivant cela je pense au critique gastronomique peine-à-jouir de Ratatouille).

Mes films préférés, donc:

1. Monsters Inc. by Pete Docter (2001) (Pixar)
2. The Nightmare Before Christmas by Henry Selick (1993)
3. Toy Story 2 by John Lasseter (1999) (Pixar)
4. My Neighbour Totoro by Hayao Miyazaki (1988)
5. Corpse Bride by Tim Burton (2005)
6. WALL-E (2008) by Andrew Stanton (Pixar)
7. Coraline by Henry Selick (2009)
8. Spirited Away by Hayao Miyazaki (2001)
9. Wallace & Gromit: The Best of Aardman Animation (1996) (Aardman)
10. Toy Story by John Lasseter (1995) (Pixar)
11. Snow White and the Seven Dwarfs (1937)
12. A Bug's Life' (1998) by John Lasseter and Andrew Stanton (Pixar)
13. The Incredibles (2004) by Brad Bird (Pixar)
14. Fantasia (1940)
15. Ratatouille (2007) by Brad Bird (Pixar)
16. Chicken Run by Nick Park and Peter Lord (2000) (Aardman)
17. Fantastic Mr Fox by Wes Anderson (2009)
18. Grave of the Fireflies (Hataru no haka) (1988) by Isao Takahata
19. Up by Pete Docter (2009) (Pixar)
20. Alice in Wonderland (Disney) (1951)
21. Le roi et l'oiseau by Paul Grimault (1980)
22. Ponyo by Hayao Miyazaki (2009)
23. Kirikou and the Sorceress by Michel Ocelot (1995)
24. Curse of the were-rabbit by Nick Park (2005) (Aardman)
25. Porco Rosso (1992) by Hayao Miyazaki
26. The Jungle Book (1967) by Wolfgang Reitherman
27. Les triplettes de Belleville (Belleville Rendez-vous) by Sylvain Chomet (2003)
28. Persepolis by Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud (2007)
29. Shrek by Andrew Adamson & Vicky Jenson (2001)
30. Team America: World Police (2004)
31. The ice age (2002)
32. Flushed away (2006) (Aardman)
33. Cinderella (1950)
34. James and the Giant Peach by Henry Selick (1996)

Time Out's best 50 animation films

Time Out a publié en Septembre 2009 une intéressante liste des 50 meilleurs films d’animation 'ever' avec de chouettes commentaires de Terry Gilliam. Ca m'a donné l'envie de faire mon propre classement.

Le numéro un de Time Out est My neighbour Totoro (Tonari no Totoro) de Hayao Miyazaki. Je trouve aussi que Totoro est un des deux ou trois meilleurs Miyazaki et ca suffit pour avoir sa place dans le top 10 de tout amateur d’animation. C’est une pure merveille pour les enfants et c’est un des plus merveilleux films écrit sur l’enfance. Le cinéma américain aurait été incapable de montrer avec une telle distance et une telle pudeur, les ressorts de l’imagination enfantine pour fuir les difficultés familiales. Et sans les complications mythologico-écologiques qui rendent parfois les Miyazaki un peu touffus pour un spectateur européen et nuisent un peu à sa fraicheur (je pense à des films par ailleurs majeurs comme Mononoké et même, dans une certaine mesure, Spirited Away).

Etonnant dans le top 50 de Time Out, l’absence de tout film Dreamworks (Shrek) et de tout film Blue Sky (les producteurs de la série Ice Age. Les rédacteurs s’en expliquent dans par ce qu’il considèrent être ‘this century’s most annoying cartoon bugbear: cultural referencing’. From the industry in-jokes of ‘Shrek’ to the soul-searching self-help psychology of the ‘Ice Age’ movies, animators seem to have forgotten how to make movies for kids without patronising their parents’. Ils n’ont pas tort. Le pire dans le genre, clins-d’oeils-aux-ados-et-aux-parents étant atteint dans des productions mineures déjà tombées aux oubliettes (Sharks, de Dreamworks). Néanmoins le premier Shrek était vraiment drôle et nouveau. Les suivants, self-referencing et pastichant le pastiche, tourne à vide. Quant à Ice Age, j’ai aussi une certaine tendresse pour le premier opus. Le synopsis est certes un copié-collé du Livre de la Jungle, mais j’aime le rendu léger et schématique des décors qui me rappelle le ViewMaster. Et pour balancer la sensiblerie famille, quelques uns des interludes ‘screwball’ avec le rat sont au contraire dingues et drole, dans l’esprit de Tex Avery.

Mais la plus inexplicable absence dans la liste est celle des studios Aardman, oubli d’autant plus étonnant venant d’un magazine anglais. Quelle fierté pourtant, pour l’Angleterre d’avoir enfanté Aardman. La France a certes créé Kirikou, les Triplettes et pleins de petites merveilles en court métrage. Mais elle n’a pas vu l’éclosion d’un véritable studio comme Aardman qui est, toutes proportions gardées, le Pixar européen : une structure créée et dirigée par des artistes intransigeants sur la qualité, générant un volume de production important et régulier de court et de longs métrages qui ont tous rencontrés succès public et critique. Aardman a aussi atteint une surface financière garantissant son indépendance artistique grâce à des films publicitaires et des séries TV (Shaun the sheep) et c’est peut-être ce genre de choses que les animateurs français, aidé par le système de soutien, se refusent à faire. Tous les longs métrages Aardman ont leur place dans un top 50 et j’ai beaucoup de mal à choisir entre eux. Mon préféré est tout de même Chicken Run. J’ai hurlé de rire devant The curse of the were-rabbit mais j’ai plus de tendresse encore pour les courts et moyen-métrages de Wallace et Gromit, dont les trois premiers (accompagnés du court oscarisé Creature Comforts et de Never without my handbag) ont été montrés en un programme long dans les salles françaises vers 1995.

Les films français n’ont pas été oubliés par Time Out et c’est avec plaisir que j’y trouve Kirikou, que j’adore, et les Triplettes de Belleville, encore que je soupçonne un étranger d’aimer surtout ce film étrange pour son coté franchouillard. Sylvain Chomet créativement, bizarrement sur des stéréotypes français (le tour de France) et l’imagerie des années 30. Persépolis est mentionné est c’est mérité mais cela pose la question de la définition de la catégorie, car Persépolis est un roman graphique et un film pour adultes. A ce compte il faudrait certainement inclure Walz with Bashir dans la liste. Et le jour où l’on fait un film à partir de Maus, faudra-t-il le comparer aux Disney/Pixar/Ardman/Miyazaki ? Il me semble que les films d’animations destinés aux familles peuvent difficilement partager une liste avec les films animés exclusivement destinés aux adultes et éventuellement dénués d’humour. J’ai fini par considérer que oui et j’inclus également Persépolis et Le Tombeau des Lucioles dans ma propre liste. J’ai aussi des réserves sur la présence de A Scanner Darkly, film en motion-capure, et pour Final Fantasy, CGI au rendu hyper-réaliste. Lorsque le jeu de véritables acteurs est capté par motion capture et rendu de manière hyper-réaliste, on n’est plus tout à fait dans l’animation telle que je l’entends ici. D’ici quelques années un grand nombre des films d’actions et de science-fiction – comme Avatar - utiliseront tellement de CGI ‘invisible’ et de motion-capture d’acteurs réels qu’ils pourront tous, techniquement parlant, être qualifiés d’hybride de films d’animation sauf à considérer que le genre, si s’en est un, signifie un décalage irréaliste dans le monde créé et l‘humour.

Enfin les vieux Disney. Il y a en a 9 dans le top 50 de Time Out. Je suis d’accord avec Snow White, un incontournable et indémodable joyau, une œuvre révolutionnaire pour 1937. J’aime aussi beaucoup Le Livre de la Jungle et Fantasia. Mais je ne suis pas trop sur de la Belle au bois dormant, pour moi typique de l’édulcoration industrielle des contes par la firme Disney. Quant à Aladdin je me souviens juste d’avoir pensé ‘pas trop mal’ pour un Disney qui touchait le fond au début des années 90, mais je n’ai jamais eu aucune envie de le revoir depuis. Dumbo et Bambi sont toujours charmants, avec des petits, mais c’est tout de même un peu dégoulinant de cuteness. J’ai de la tendresse pour Robin des bois, un des tout premiers films que j’ai vu au cinéma avec ma maman, mais on n’est certainement pas en présence d’un film majeur. J’ai par contre été impressionné à la revoyure d’Alice.

Le classement de Time-Out
1. My Neighbour Totoro by Hayao Miyazaki (1988)
2. Snow White and the Seven Dwarfs (1937)
3. The Bugs Bunny/Road Runner Movie (1979)
4. Fantasia (1940)
5. Toy Story by John Lasseter (1995)
6. Spirited Away by Hayao Miyazaki (2001)
7. Yellow Submarine by George Dunning (1968)
8. Belleville Rendez-vous by Sylvain Chomet (2003)
9. South Park: Bigger, Longer & Uncut by Trey Parker (1999)
10. Robin Hood (1973)by Wolfgang Reitherman
11. Bambi (1942) by David Hand
12. Grave of the Fireflies (1988) by Isao Takahata
13. Dumbo (1941) by Ben Sharpsteen
14. Gandahar (1988) by René Laloux
15. The Iron Giant (1999) by Brad Bird
16. Akira (1988) by Katsuhiro Ôtomo
17. The Brave Little Toaster (1987) by Jerry Rees
18. The Jungle Book (1967) by Wolfgang Reitherman
19. When the Wind Blows (1988) by Jimmy T Murakami
20. Pinocchio by Hamilton Luske & Ben Sharpsteen (1940)
21. Whisper of the Heart (1995) by Yoshifumi Kondo
22. The Nightmare Before Christmas (1993) & Coraline (2009) by Henry Selick
23. Perfect Blue (1997) by Satoshi Kon
24. The Incredibles (2004) by Brad Bird
25. Watership Down (1978) by Martin Rosen
26. Princess Mononoke (1997) by Hayao Miyazaki
27. Antz (1998, Dreamworks), 'A Bug's Life' (1998, John Lasseter and Andrew Stanton, Pixar)
28. Persepolis by Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud
29. The Secret of NIMH (1982) by Don Bluth
30. Porco Rosso (1992)by Hayao Miyazaki
31. WALL-E (2008) by Andrew Stanton
32. Kirikou and the Sorceress by Michel Ocelot
33. Aladdin (1992) by Ron Clements and John Musker (Disney)
34. Ghost in the Shell (1995) by Mamoru Oshii
35. Beavis and Butt-head Do America (1996) by Mike Judge and Yvette Kaplan
36. The Lord of the Rings (1978) by Ralph Bakshi
37. A Soldier’s Tale (1984) by RO Blechman & Christian Blackwood
38. Ratatouille (2007) by Brad Bird (Pixar)
39. Aqua Teen Hunger Force Colon Movie Film For Theatres by Matt Maiellaro & Dave Willis
40. Animal Farm (1954) by John Halas & Joy Batchelor
41. FernGully: The Last Rainforest (1992) by Bill Kroyer
42. Fritz the Cat (1972) by Ralph Bakshi
43. Happy Feet (2006) by George Miller
44. Waking Life (2001) / A Scanner Darkly (2006) by Richard Linklater
45. Transformers – The Movie (1986) by Nelson Shin
46. Paprika by Satoshi Kon
47. Sleeping Beauty (1959) by Clyde Geronimi
48. Final Fantasy: The Spirits Within (2001) by Hironobu Sakaguchi
49. Cloudy With a Chance of Meatballs (2009) by Phil Lord
50. Heavy Metal (1981) by Gerald Potterton

30 janvier 2010

les big four entre eux

Manchester, la saison dernière, a montré qu’on peut être champion tout en perdant le mini-championnat entre les big four. United n’a marqué qu’un piteux 5 points sur 18 possibles contre les trois autres big four et a perdu deux fois contre son concurrent direct Liverpool, qui, lui, a marqué 14 points sur 18 possible… et pourtant, United a été champion avec 4 points d’avance sur Liverpool

Arsenal leader: regardons bien ce tableau


Ne boudons pas notre plaisir. Voir Arsenal leader du tableau fin janvier, ça fait chaud au cœur. Qui l’aurait prédit après l’humiliation subie contre Chelsea en novembre qui nous avait laissé groggys, ridiculisés… et 11 points derrière. Certes c’est seulement le nombre de buts marqués qui nous sépare de Chelsea (même nombre de points, même goal difference). Certes nous avons maintenant un match de plus qu’eux. Mais tout de même nous avons bel et bien surpassé ManU qui est maintenant un point derrière avec le même nombre de matchs (22).Voir Arsenal leader du tableau fin janvier, ça fait chaud au cœur. Qui l’aurait prédit après l’humiliation subiecontre Chelsea en novembre qui nous avait laissé groggys, ridiculisés… et 11 points derrière. Certes c’est seulement le nombre de buts marqués qui nous sépare de Chelsea (même nombre de points, même goal difference). Certes nous avons maintenant un match de plus qu’eux. Mais tout de même nous avons bel et bien surpassé ManU qui est maintenant un point derrière avec le même nombre de matchs (22).

La performance de mercredi contre Bolton était typiquement mancunienne d’ailleurs. Le ManU champion ces deux dernières saisons s’était fait une spécialité de marquer les trois points même dans les mauvais jours, et malgré des débuts de match catastrophiques, et de revenir en trombe en deuxième mi-temps. J’ai par exemple en mémoire il y a deux saisons, alors que Arsenal, Chelsea et ManU était au coude-à-coude, le renversement de situation contre Spurs à Old Trafford, de 0-2 à 4-2, exactement ce qu’a réalisé Arsenal hier.

L’égalisation contre Everton dans les arrêts de jeu il y a une semaine était aussi typiquement mancunienne. Encore plus que le point marqué (contre une très bonne équipe d’Everton), c’était un grand point marqué psychologiquement. Je veux dire que comme le Manchester des trois dernières saisons, Arsenal parait ‘resilient’, et parvient à gagner des points à l’arraché, malgré la fébrilité défensive, malgré les passages à vide.

Ne boudons pas notre plaisir, donc, et regardons bien le classement au 20 janvier que j’ai capturé sur le site de la BBC. On n’aura peut-etre pas l’occasion de revoir Arsenal au top très souvent d’ici la fin de la saison.
Il va maintenant falloir tenir pendant les 15 jours ‘de la mort’ contre les gros calibres. Il faut espérer que Song va revenir de la CAN en bon état et le plus tôt possible, surtout après la blessure de Diaby. Mais si nous reperdons un peu de terrain contre les adversaires directs à l’issue de ces 4 matchs, ce ne sera pas forcément une catastrophe d’ailleurs. Manchester encore, la saison dernière, a montré qu’on peut être champion tout en perdant le mini-championnat entre les big four. United n’a marqué qu’un piteux 5 points sur 18 possibles contre les trois autres big four et a perdu deux fois contre son concurrent direct Liverpool, qui, lui, a marqué 14 points sur 18 possible… et pourtant, United a été champion avec 4 points d’avance sur Liverpool….(voir autre post). Et la compétitivité des ‘small four’ va faire encore perdre des points à chacun des quatre grands dans la deuxième partie de saison. Manchester va devoir se déplacer à City et à Everton, qui revient en super-forme. Chelsea va jouer à Everton, ainsi qu’à United et à Liverpool.

Ce qui m’inquiète et me déçoit, c’est que Wenger prend prétexte du nombre de buts marqués et du retour prochain de Bendtner (Bendtner…) pour dire que finalement, il n’est peut-être pas nécessaire de recruter un attaquant supplémentaire pour remplacer van Persie, malgré le fait qu’Arsenal a probablement la meilleure santé financière de la League et pourrait largement se permettre de dépenser 10 ou 15 millions. Certes on gagne et on marque contre Bolton, Portsmouth and co. Mais on a bien vu contre Chelsea - sans van Persie, sans Adébayor, sans Bendtner - qu’Eduardo est trop poids plume contre des défenseurs grands par la taille et l’expérience. En face il y avait un striker, un vrai, et qui a fait la différence: Drogba. Même si nos milieux de terrains savent marquer en pénétrant les surfaces avec des une-deux de poche, on ne peut pas se priver de l’option tactique d’un vrai striker, d’un renard de surface doublé d’un grand gars physique pour avoir une chance sur les centres et les set pieces.

29 décembre 2009

Premier League 2009-2010: bilan à mi-parcours

Une saison spectaculaire et étonnante. Bien que trois des quatre big four soient dans le top four encore, ils ont tous montré beaucoup de vulnérabilité, cédant des points chacun à leur tour devant Aston Villa, Man City et même Wigan ou Fulham. Chelsea qui a fait la course en tête, était et reste le favori. C’est clairement l’équipe la plus solide. Mais, pour Chelsea, finir les matchs aller avec seulement deux points d’avance sur ManU et quatre sur Arsenal (un match en moins) compte tenu qu’ils ont battu les trois autres big four et que c’est la seule équipe du big four à avoir été épargnée par les blessures, est sans doute en deçà du plan de route. Reste donc à voir comment ils vont se passer de Drogba pendant la CAN.




Manchester sans Ronaldo reste complètement dans la course malgré une saison et un niveau de jeu moins qu’impressionnants (cinq défaites déjà soit plus que toute la saison dernière). Reste à voir s’ils vont pouvoir – comme d’habitude - accélérer pendant l’hiver et le printemps.

Peu pariaient sur un Arsenal décevant l’an dernier, ayant cédé Adebayor sans se renforcer pendant l’intersaison, et maintenant privé de son meilleur attaquant depuis la onzième journée. Les gunners ont pourtant pratiqué dans l’ensemble le meilleur football du royaume et marqué la bagatelle de 47 buts en 18 matchs. Ils restent aussi dans la course au titre, mais dégagent toujours cette impression de fragilité physique, tactique et morale lorsqu'ils affrontent ManU ou Chelsea.

Bref les big four sont un peu moins forts que l’an dernier, les small four sont compétitifs et le reste de la saison parait totalement imprévisible. Le calendrier a gratifié Arsenal d'une période folle avec, entre le 27 janvier et le 10 février, Aston Villa puis ManU, puis Chelsea, Liverpool et Porto en Champion's League. Le match à Chelsea, 7 février, aura lieu après la fin de la CAN donc avec la menace Drogba tandis que même si Arsenal recrute un nouvel attaquant en janvier, il risque de n'être pas prêt à jouer durant cette période contre les principaux adversaires.



Les ‘small four’ font le spectacle

Les outsiders traditionnels des saisons récentes, Aston Villa, Tottenham, Manchester City, Everton, mettent du sel cette saison, bénéficiant de la fragilité des big four.

Avec un recrutement ‘galactique’ l’été dernier (100 millions pour Tevez, Adebayor, Kolo Touré) en plus de Robinho, Bellamy, Gareth Barry, Shay Given, Manchester City était sensé jouer le top four voire se mêler à la course au titre, et c’est ce qu’ils ont fait pendant le premier tiers, avec seulement deux défaites au compteur, battant Chelsea et Arsenal, nul à Liverpool, et ne perdant le derby Mancunien à Old Trafford que 4-3 après six minutes d’arrêts de jeu. Mais City a ensuite enchainé six nuls de suite contre des petites équipes, pour finir sixième à 10 points de Chelsea (32 points, un match en moins). La grande star est comme prévu Tevez (10 buts dont 7 en championnat) plutôt qu’Adebayor toujours irrégulier et sujet aux problèmes de discipline. Ce début de saison tout à fait décent n’a toutefois pas satisfait le nouveau propriétaire, un milliardaire arabe, et l’entraineur Mark Hughes a été remplacé brutalement par Mancini fin décembre. On voit une fois de plus que gaver un club moyen de stars ne fonctionne pas si la gouvernance du club se résume aux l’impatience et les caprices d’un propriétaire étranger au business du sport et dont c’est la danseuse. La seule exception à cette règle a été le Chelsea de 2004-2005 mais il y a avait le ‘special one’ aux manettes pour gérer les stars.

Tout le contraire d’Aston Villa, qui devient de plus en plus fort chaque saison, sans star, grâce à la stabilité de son entraineur Martin O’Neil, de ses jeunes internationaux anglais (Ashley Young, Agbonlahor) et de ses cadres (l’excellent gardien américain Friedel, Dunne, Davies, Heskey). Ils méritent amplement leur quatrième place à mi-parcours. L’an dernier, Aston Villa semblait bien accroché à la quatrième place, devant Arsenal avant de subir un mauvais printemps et de finir sixième. Cette année ils ont déjà battu Liverpool et United à l’extérieur, Chelsea à domicile, et sont bien partis pour devenir la première équipe en vingt ans à battre chacun des big four dans la même saison.

Tottenham sur le papier est presque aussi fort que City cette année. Un bon entraineur, Redknapp, et une tripotée de bons joueurs offensifs: Defoe, Jenas, Crouch, Keane, Modric, et leur Walcott à eux, Lennon. Ils ont passé presque toute la première partie de saison dans le top four mais leur irrégularité traditionnelle leur a fait perdre des points : typique des Spurs leur victoire 9-1 contre Wigan (5 buts de Defoe) suivie d’un défaite 0-1 contre Wolverhampton.
Le quatrième des small four, Everton, cinquième l’an dernier, est totalement dans les choux cette année: 14ème avec 19 points (18 matchs). Ils ne se sont jamais remis de leur humiliation de la première journée, 6-1 à domicile contre Arsenal.

Arsenal

Arsenal comme d’habitude, a soufflé le chaud et le froid. Comme beaucoup j’ai été choqué qu’on ait laissé partir Touré et Adebayor à City (un concurrent direct pour les places européennes), remplaçant Touré par Vermaelen (une satisfaction) et Adebayor par… personne, après que la piste Chamakh eut été abandonnée. Comme d’habitude Wenger promettait qu’il pourrait faire plus avec moins, grâce à la maturité de ses jeunes. Comme d’habitude le jeu du début de saison fut brillant, malgré les deux défaites des journées 3 et 4, un peu imméritées, à United et à City, et comme d’habitude les blessures ont frappés en novembre (Persie, Clichy, Gibbs, Bendtner), révélant le manque de profondeur de l’effectif: fin de saison pour van Persie qui avait été le meilleur joueur des 11 premières journées (7 buts). (C’est par exemple sur un exploit individuel de van Persie qu’on prend trois points à Fulham contre le cours du jeu). Bendtner étant blessé pour deux mois au même moment, Eduardo n’a pas été capable de compenser cette double absence : deux défaites et zéro but contre Sunderland et Chelsea pour les matchs 12 et 13. Ce dernier match, 0-3 à domicile a été particulièrement douloureux. Comme l’an dernier dans la même rencontre (1-4), les joueurs d’Arsenal avaient l’air de petits garçons impuissants contre l’acier et l’organisation d’Essien et Terry, et l’efficacité d’un Drogba. Le déni de réalité dans les déclarations d’après-match de Wenger, mettant la défaite sur le dos de la malchance, avait aussi de quoi inquiéter. Mais, curieusement, après ce point bas, Arsenal a rebondi, marquant 13 points sur 15 dans les 5 matchs suivants (dont les victoires contre Aston Villa et à Liverpool) tandis que Chelsea perdait à City et laissait échapper des points contre Everton, West Ham et Birmingham.

Chaud et froid classique d’Arsenal et de Liverpool cette saison. Après un début calamiteux, Liverpool réalise une brillante première mi-temps à Anfield devant un Arsenal inexistant. Le score 1-0 aurait pu être beaucoup plus lourd pour Arsenal. Je quitte le pub totalement écœuré et je boycotte la deuxième mi-temps. Résultat plus tard sur bbc.co.uk : Liverpool 1, Arsenal 2. Incroyable. Liverpool est retombé dans sa nervosité et Arshavin marque un but superbe venu d’ailleurs, lui qui avait été le bourreau des Reds l’an dernier (4 buts). On a appris par la suite que Wenger avait hurlé dans les vestiaires à la mi-temps. ‘Je ne l’ai jamais vu comme ça’, déclara Fabregas.

Satisfactions cette saison: Song, le poumon de l’équipe a presque pris la dimension qu’avait Flamini avant son départ. Diabi, traditionnellement irrégulier et souvent blessé, est encore loin du grand Vieira, mais c’est probablement sa meilleure saison jusqu’à présent (5 buts en 13 titularisations). Arshavin est devenu le chouchou du public : un gars mature et intelligent, qui ne doute jamais et marque des buts spectaculaires (6 en championnat) et qui mouille le maillot. Fabregas, enfin, plus que jamais, est le joueur indispensable et l’âme de l’équipe. Déjà 12 buts dont 9 en championnat et quelques buts fantastiques comme le coup franc contre Aston Villa (deux buts en 27 minutes sur le terrain) et l’action personnelle contre Spurs. Autre satisfaction cette année, Ramsey, et Vermaelen qui s’est imposé immédiatement aux coté de Gallas.

Les déceptions: Eduardo et Vela qui ont beaucoup raté, malgré un assez important temps de jeu. Walcott et Nasri ont peu joué en raison des blessures. Les blessures d’Almunia et Fabianski en tout début de saison ont donné leur chance au troisième gardien Vitto Mannone qui a commencé par quelques performances épatantes avant d’atteindre son point d’incompétence devant West Ham, mais le jeune italien a un gros potentiel. Almunia tient maintenant bien son rang parmi les meilleurs gardiens surtout depuis que Czech et Reina ont baissé d’un ton.

Au total Arsenal a marqué 47 buts en 18 matchs, meilleur attaque devant Chelsea (43 buts, 19 matchs) et ManU et Spurs (40 buts chacun en 19 matchs) sans posséder aucun des 6 premiers marqueurs (Defoe et Drogba leaders avec 13 buts devant Rooney, Bent, Torres, Saha). Comme d’habitude depuis le départ de Thierry Henry, ce sont tous les joueurs qui peuvent, et doivent, marquer.

38 points c’est 7 points de plus que l’an dernier après 18 journées. Arsenal est donc toujours dans la course, mais pour qu’on ait une chance d’aller au bout il faudra réunir trois conditions: qu’on recrute un véritable buteur pour remplacer van Persie, que Fabregas ne se blesse pas et que Gallas/Vermaelen ne se blessent pas. La chance d’Arsenal c’est que ManU est visiblement moins fort que l’an dernier et que Chelsea n’est pas toujours le rouleau compresseur annoncé.



En Champion’s League, Arsenal s’est qualifié facilement dans un groupe facile, et jouera Porto en février. En Carling Cup, j’ai vu avec Teun à l’Emirates la victoire de l’équipe B contre le B de Liverpool. Un très bon match où se sont mis en valeur les jeunes Craig Eastmond et Fran Merida et où les défenseurs centraux B, Sylvestre et Senderos, ont encore montré leurs faiblesses. Mais les petits gars se sont fait battre au tour suivant à City qui devient décidément notre bête noire. En FA cup, nous jouerons West Ham le 3 janvier.

C’est tout de même frustrant de devoir si souvent consulter la rubrique 'Injury News' avant toute autre. Je suis obligé d’avouer que pour moi les ‘break’ internationaux, c’est une semaine d’anxiété: espérer, avant toutes choses, que Fabregas, van Persie, Sagna, Arshavin etc. ne se blessent pas. Wenger, victime récurrente de blessures internationales de long terme (Walcott, van Persie) se pose en champion du football de club contre le foot international et a fait un pas de plus en attaquant la fédération néerlandaise suite à la grave blessure de van Persie en match amical – pour que la fédération néerlandaise paie au moins le salaire de van Persie pendant les longs mois d’indisponibilité du joueur.

Le big four

On peut raisonnablement espérer que Chelsea et ManU vont continuer de perdre des points et que le titre se jouera à un niveau le plus bas depuis 10 ans. Chelsea, après un départ météorique (7 victoires dans les 7 premières journées) a ensuite enregistré trois défaites et a récemment montré des hésitations défensives étonnantes. Au total ils n’ont pas réussi à conserver une avance importante en tête avant le début de la CAN qui va les priver de plusieurs joueurs clefs (Drogba, Essien, Mikel, Kalou) pendant plusieurs semaines.

Manchester United semble avoir beaucoup perdu de percutant suite au départ de Ronaldo. Au niveau défensif, entre blessures et méformes le trio Ferdinand-Vidic-Van der Sar est loin d’avoir brillé autant que l’an dernier. Déjà cinq défaites soit plus que toute la saison dernière. Vu le niveau de jeu de ManU, et l’épidémie de blessures qui a frappé la défense, ils peuvent s’estimer heureux de se retrouver à deux points de Chelsea à la mi-temps. Rooney marque, Giggs et Scholes ont encore marqué des buts décisifs, mais ManU fait l’effet d’une équipe vraiment vieillissante.

Liverpool enfin connait une saison en enfer jusqu'à présent. C'est la principale victime de la montée des small four. Septième à douze points de Chelsea, avec déjà 7 défaites, notamment contre Aston Villa et Tottenham, et éliminés dès le premier tour de la ligue des champions. Les bookmakers prennent des paris sur le départ de Benitez au Real. Cependant, il faut être juste, peu d’équipes auraient fait beaucoup mieux avec leurs deux meilleurs joueurs, Torres et Gerard, blessés ou diminués pendant l’essentiel de la période. Que feraient – que vont faire ? - Chelsea sans Drogba, ManU sans Rooney, Arsenal sans Fabregas? Un retour en forme de leur deux joueurs emblématiques pourraient remettre Liverpool sur les rails du top four voire, pourquoi pas, dans la course au titre de cette folle saison.

6 décembre 2009

why we love disaster movies

First, Time Out's Review of '2012' the latest disaster movie by Roland Emmerch

Let’s get the sniffy movie-snob protests out of the way. Yes, ‘2012’ is infantile. Yes, it treats the deaths of six billion people as little more than a tragic footnote. Yes, it’s about as interested in subtlety, narrative invention or character development as the Corkscrew at Alton Towers. But what a ride. There are moments – sights, sounds, special effects – that have never been seen or imagined before, sequences of staggering complexity, immaculate detail and breathtaking scale. In summary, it may seem like just another disaster movie, but this one is bigger, louder, crazier and more wildly exhilarating than anything previously attempted, even by Roland ‘Independence Day’ Emmerich’s own smash ’n’ grab standards.

The plot is little more than a framing device, the MacGuffin something to do with sunspots, plate tectonics and the Mayan calendar. The closest we have to a hero is John Cusack’s shambolic failed author Jackson Curtis, whose attempts to save his estranged family from a fiery death somehow involve Russian plutocrats, Himalayan plane crashes and Woody Harrelson in a fez.

But nobody goes to a movie like this for the storyline. This is disaster porn, and unashamedly so: pavements crack, buildings topple, crowds flee, planes plummet and world leaders scramble to save their own skins as the planet goes to hell in a handcart. Posterity will not be kind to ‘2012’ – and it definitely won’t work on DVD – but catch it on the biggest, noisiest screen available and approach it on its own terms, and it’ll knock your socks off.

My view

Thinking of the attraction most of us feel for silly disaster movies, I would relate to the building toys we all play in childhood. Maybe that’s the secret of Lego’s success, Lego structures break easily and tumble without damaging the blocks themselves. Building the blocks was fun, but the best part was always destroying the whole thing with a ‘giant’ furry rabbit in the role of the space monster. Same with sand castles. Same with Sim City: we like that the random tornado rampages the city that took hours to build. Calvin of Calvin & Hobbes is a wonderful 6-year-old destruction junkie.

On top of the very deep guilty pleasure we feel while watching the destruction of New-York, Tokyo or, like here, the whole world, in the safety of the playground and the comfort of the cinema seat, such shows probably have a social element. We feel guilty for all the greed and injustice and ecological disasters we have caused. Some sort of fictional natural revenge on mankind soothes our anguish just as Gods’ destructive anger in the old testament. The Father punished us and then at the last moment spared mankind; we feel better leaving the theatre. Our pleasure was not only the sadistic regressive joy, we feel morally justified, slightly mortified. There’s hope in mankind and family; it’s never too late to come to terms with daddies and ex-husbands.

Talking of the old testament, the Time Out review fails to mention the explicit reference to Noah’s ark. That’s the most explicit reference I have come across yet in modern disaster movies, even if biblical flooding is perhaps the blueprint of every disaster story (Spoiler coming). Flooding, as a side-effect disaster, was already in the two asteroid movies Armageddon and Deep Impact and also the first explicit ‘global warming’ disaster movie The day after tomorrow. This time, it’s not actually global warming that’s causing the flooding, it’s the inside of the globe that’s warming, melting the upper crust and causing tectonic plaques to sink in the ocean (if I got it well), but the metaphor of global warming flooding remains.

The Noah twist is actually fun here: we kind of assume that mankind will flee in a spaceship, but it turns out to be in actual, huge ships. And elephants and giraffes are on board too. The big Meccano have been built secretly in the Chinese Himalaya (mount Ararat was not high enough this time), but curiously, Yankees and Westerners seems to be in charge on board; I am not sure the Chinese would be that gracious to foreigners. Maybe one of the next Emmerich flicks will explore a spatial ark - Wall E did it brilliantly...

There must also be something with the family reunion plot that is always the background of such movies. All Spielberg films have that for instance. Whether it’s aliens or dinosaurs who are attacking, a divorced man, failed writer or obscure scientist, with low self esteem repents, saves his family and saves day at the same time. In the end, if he survives (generally he does against all odds), he wins back his ex-wife and kids, restores his dignity fatherly image and his virility. Around the male hero and his kids/ex-wife, side-kicks die in horrible, cowardly or heroic fashion. Here the ‘other man’, although a good guy, disappears conveniently a bit before the end. Secondary plots always include elderly fathers estranged from their adult kids and ‘coming to terms’ just before death.

Read Emmerich's unrepentant guide to make a disaster movie on Time Out.

19 avril 2009

les oreilles du chef de l'Etat

Entendu sur France Info à propos d’une manifestation du ‘collectif des précaires’ devant un magasin du groupe LVMH offrant des stages non rémunérés de 12 mois’. Commentaire du journaliste : ‘Hier ils n’étaient qu’une dizaine. Ils espèrent malgré tout que cela suffira à chatouiller les oreilles du chef de l’Etat’. Un tel commentaire ne parait plus incongru en France. Le réflexe des groupes d’intérêt et de la presse d’en appeler directement au ‘chef de l’Etat’ et à nul autre autorité ou corps intermédiaire, à tout propos, a commencé il y a peut-être dix ans mais il s’accéléré et systématisé depuis l’élection de Sarkozy en 2007, quand il est devenu clair que le Président encourageait le petit peuple à en référer à Lui. Il est intéressant de constater que dans ce reportage, c’est la journaliste et non pas le responsable syndical interviewé, qui ‘en appelle’ au chef de l’Etat.

La méthode est désormais bien connue : ile Président entouré d’un petit groupe de conseiller sélectionne une fois par mois, de manière apparemment aléatoire un sujet une cause ou un groupe, réagissant à l’actualité, et c’est ‘l’opération coup de poing’ court-circuitant les ministères responsables. Le Président ‘se rend sur place’ pris d’une sainte colère et annonce la création d’une ‘Commission’, d’un ‘Plan’ ou d’une ‘loi’.

Je ne veux pas dire que ce style de gouvernement médiatique, en bousculant (apparemment) la bureaucratie, est nécessairement toujours mauvais. Je ne dis même pas ici que je désapprouve toujours les décisions prises par Sarkozy. Mais ca me rend malade de voir la démocratie régresser à ce point depuis une dizaine d’année, la litanie des revendications catégorielles, l’incompétence de la presse, un chef de l’Etat qui est non seulement désormais ouvertement le chef de l’exécutif mais aussi, plus que jamais, le patron du législatif et du judiciaire (au lieu d’être l’arbitre et le défenseur de ces pouvoirs), et enfin, donc, l’infantilisation du réflexe démocratique. On en ‘appelle’ au Président, comme en d’autre temps, au Maréchal, ou au jugement de Saint Louis sous son arbre. La berlusconisation de la vie publique. Une forme de monarchie élective et médiatique – menant tout droit au bonapartisme ? – progresse à grands pas.

31 janvier 2009

recession deals

It’s been several weeks now that one of the local cafés of Camden Town where I buy sandwiches advertises a ‘recession deal’ or ''credit crunch special' offer of the day. For instance 'hot drink and pain au chocolat for £2!' So I guess we are now officially in the thick of it.

As for the consequences on advertising spending – and advertising revenues for media owners – they will be disastrous in 2009. We currently believe that total ad spending will shrink between five and six per cent in 2009 compared to 2008 which was already down [this was before IMF downgraded GDP forecasts from -1.3 to -2.8].

Whatever the economic slowdown, advertising markets will do worse. They are fundamentally volatile and amplify economic fluctuations. Why this relation between advertising markets and the economy? I see at least three fundamental reasons.

First, marketing spending is the easiest cost to cut in the short term when managers are anxious to limit operational losses. Among marketing expenditure, this is especially true for brand display advertising, whilst, on the other hand, direct marketing may be maintained as a way to support sales in tough times; and online search may grow even further because of its superior scalability and accountability. Mediabuying agencies try their best begging advertisers to hold their nerves in adversity, warning that dropping brand advertising could jeopardize years of brand-building investments and leave the way to competitors; quoting virtuous stories of marketers who kept investing during a slump and came out stronger. This has little or no effect on and they are being judged by general on their ability to cut or optimise the advertising costs during such a period. The maths are obvious: if your revenues fall by ten per cent and all other costs (rentals, payroll etc.) are fixed in the short term, one of the few disposable expenditures is advertising, and, since it is relatively small at the scale of the company, the cut has to be much higher than ten per cent to make any significant impact on the bottom line.

It’s tempting to be cynical about this and say that if marketers did really believe in the power of advertising they would actually increase spending in tough times, instead of cutting. However big brands actually fight for market shares rather than for volumes. Therefore marketing managers are being rational in cutting adspend when they anticipate – as it is the case - that their brand competitors will also cut their marketing spending, and the shares of voices will remain unchanged. That is a classic case of cross-expectation and me-too behaviour pattern fuelling spiralling deflation

The second reason behind the volatility of advertising is that ad spending is concentrated around a limited number of big consumer brands in a handful of BtoC sectors, and these are disproportionately affected by the recession. Anxious consumers cancel new cars, new couches and new TVs; they go for no-brand products and hard discount stores.

In the US in 2008, automotive advertising alone (dealers and manufacturers) accounts for approximately 25 per cent of broadcast television’s revenues. A combination of fuel inflation and then credit crunch have hit sales like never before in 2008, resulting in 20-25 per cent cuts of advertising spending.
In the UK, the retail sector has maintained advertising expenditure in the first half of 2008 but since Q3, following the collapse of Savvi and Woolworth and the weakness of M&S, things are going to get much tougher in 2009 ; it was indeed anticipated that retailers would reduce their spending but if it turns out that some them simply disappear, we are reaching deeper waters in terms of ad recession. In any sector with major casualties, surviving brands will certainly not increase their own spending and so compensate for the dead - quite the opposite if they see the level of competition reduced.

A third reason is that advertising is essentially a fixed-capacity, fixed-costs activity like air transport. Whether they carry ads or not, TV channels and outdoor billboards cost about the same to produce and maintain. Therefore the volume and price of ad bookings is subject to yield management and volatile prices, despite facial rate cards. In periods of weak demand many media owners are tempted to drop prices while advertisers and their agencies are good at negotiating bargains.

In this context, how are ad-funded businesses likely to fare the storm, compared with other media/entertainment sectors? There are three categories of media/entertainment companies: those living on subscription-based services like pay TV or broadband; those living on discrete consumer sales, like theatrical exhibitors and DVD publishers/retailers; and finally those living on audience and advertising sales.

The first category, although not entirely immune from recession effects, is likely to be better off because subscribers are cannot leave overnight and face exit barriers ; and staying at home and watching football or movies on Sky – for which you are already paying every month anyway - is after all the cheapest way to spend a family evening. BSkyB reported excellent results in the last quarter of 2008, and announced it would hire 1,000 new staff in 2009.

The second category, living on discrete consumer sales have more to worry about: going out or buy yet another DVD is the kind of small luxuries that are easy to cut. When your PVR is full of recorded movies you haven’t watched yet, why buy yet another DVD?

Compared to these, we would argue that the worst place to be these days is the third category: being a media owner exclusively or predominantly financed by advertising revenues.
And the best place to be these days? Perhaps a cheap café in Camden Town.

7 décembre 2008

Jeremiah Johnson

I presented Jeremiah Johnson at the London cine-club in December 2008, at Severine and Chris' place in Chelsea.

Jeremiah Johnson is a 1972 film directed by Sydney Pollack, starring Robert Redford. It is not another agitated Western story but a slow, contemplative chronicle of a man trying to live in the Rocky Mountains.

Jeremiah Johnson, a fictional character, is inspired by novels about fur hunters, like 'Mountain Man' by Vardis Fisher, a novelist from Idaho. The script was written by the multi-talented John Milius who also wrote Apocalypse Now, Conan the Barbarian and, more recently Rome. The movie was filmed in Utah at various mountain locations in extreme winter conditions.

I was supposed to show a film on the theme ‘Nature’ and I hesitated with three other options:
· A Kurasawa film: the beautiful Derzou Ouzala (the story of a Russian explorer in Siberia and his old local guide) would have been an obvious choice. Earlier in his career, the wonderful BW photography of forests in Rashomon and Kumonosu jô (Macbeth, Spider Web Castle, 1957) oozes pantheist magic.
· A Terence Mallick film. In all his films - I think he made only four - the most important thing is the long shot on fields waving under the wind.
· I also contemplated showing one of the episodes of ‘Planet Earth’. BBC Natural history production has reached near perfection with Blue Planet and Planet Earth. Unlimited resources from BBC, NHK and Discovery, high definition photography, great music and the warm narration of David Attenborough. Best moments: the Snow Leopard, lions killing an elephant, starving polar bear swimming in open sea and attacking a herd or walruses out of desperation, killer whale catching a seal and playing with their food, great white shark catching a seal in ultra slow motion, the many aerial shot and satellite shots, the fixed automated cams catching seasonal change or the movement of flowers.

Why Jeremiah Johnson?

Difficult to say why this nice but relatively low-key film is one of my all-time favourites, although it’s arguably not a heavyweight classic and Pollack probably not a one of the greatest directors. I fell in love with that film when I was 12. It impressed me a lot in many ways. At the same age I was also very much impressed by Little big man (1970), and Butch Cassidy and the Sundance kid (1969), two other sad, adult, compelling Westerns from the 60 and 70s. In Jeremiah I loved the naïve a capella songs, the simplicity of the tale (no plot, a chronicle). I love the music: a mixture of Western fiddle folk music and Indian flute. I love the voice over - I always love that in films.

Sydney Pollack died in May 2008. He was 73. Redford and Pollack were great friends and made seven films together, arguably some of their best including Three Days of the Condor (1975), The way we were (1973), Electric Horseman (1979), and Out of Africa (1985). Pollack won Best Movie and Best Director for Out of Africa. Redford and Pollack shared a great love for nature. Jeremiah was partly shot near Redford property in Sundance, a very remote ski resort in Utah, where Redford lives and where he created an Independent Film Festival in 1981. Redford’s own film A River Runs Through It (1992) was another beautiful film on nature. Redford has always been politically liberal and a militant environmentalist.

Jeremiah is one of the first and one of the best ecological films. When soldiers guided by Johnson cross an Indian cemetery and Johnson’s family is slaughtered in revenge by the Crow tribe, we don’t see the Indians at all. The whole episode works as a metaphor of Western white men disregarding nature’s rules and unleashing the wrath of natural gods. Before that Johnson had reached autarcic happiness with his squaw and son and was leaving in peace with all tribes; once that edenic harmony is broken starts the last part of the movie, a dark chronicle of vendetta between Johnson and the Crows.

On the other hand Jeremiah Johnson is not a preachy overstated ecological fable. Nature is not glorified. Johnson is not in search of a mystical experience. Nature is neither good or bad, indifferent to mankind. It is beautiful, brutal, awesome and bitterly cold. Indians, too, are neither better or worse than white men, but they tend to be wiser. They are part of nature, ordinary folks. They are more or less tolerant with white hunters who trespass their land. Jeremiah is one of the first Westerns where Indians are played by native Americans and speak Indian languages.

Is the film a Western or not? Those mountain men are not romanticized as the cow boys and heroes of the legendary Far West in classic Fordian Westerns; they struggle, they fail; they hardly survive. One of the first ‘realistic’ Western, but still a Western: the music, the beginning and the ending that tap into American legend. Contrast between the storytelling that is sober, simplistic, a chronicle or a survival, and the voice over, that tells us a legend and the beautiful, open end. ‘Et on raconte… qu’il y est encore’. I love the simplicity of beginning too, no lengthy introduction: Johnson arrives by the river and asks the first man he meets where to find game in the region. The man says go to the mountains on the left. Johnson says thank you, and he’s off.

Why exactly Johnson has come to the mountains is never explained. In a classic Western plot, Johnson would have committed a crime or would falsely be accused of a crime. In any case, near the middle of the film rescuing the migrants would then be his redemption, and the hermit would re-integrate the human society and marry the girl. Here, on the contrary, this good deed eventually will destroy Johnson’s life. Classic Westerns, like Greek tragedy, is about wild men trying to become decent civilized people. In the desillusioned vietnam-war America of the early 70s ,Jeremiah Johnson is a man who rejects civilisation, decides to go West to get lost, to become wild.

http://en.wikipedia.org/wiki/Jeremiah_johnson
http://www.imdb.com/title/tt0068762

1 juin 2008

english football - the 2007-2008 season

ManU Champion

Despite the impression that ManU hugely deserved, that they were more solid than Arsenal and more brilliant than Chelsea, the final run was in fact extremely narrow. ManU and Chelsea had the same number of points after 37 games and in their last game, that ManU needed to win away at Wigan, ManU could have had Scholes expelled in the first half for a second, very obvious yellow card – critical referee decision.

MU was not quite as strong this season although they scored almost the same number of points (89 v. 87) and they dropped points in the final games. It is the smallest total since MU in 2002-2003. The gap between 1 and 2 (2 points) and between 1 and 3 (4 points) is by far the smallest in recent history. Last year the 1-to-3 gap was 21 points as number three (Liverpool) was never really in the race. Chelsea led by Avram Grant made second again and won more points than last year under Mourinho (85 v. 83).


The Arsenal Season

Arsenal scored 83 points, a huge improvement over the last two seasons (67 and 68 points), and more than France Champion Lyon (79 points, 7 defeats).

On February 11, I was at the Emirates, invited by Teun, to see Arsenal bear Blackburn 2-0 and take a five-point lead over ManU. It was my only visit at the Stadium this year. We knew that the Season was far from over and the fixtures tricky (away games at Chelsea and ManU), but a five-point lead should be a good-enough cushion.

On the next game on Feb 23, the turning point came at Birmingham City, one of the weakest team (they would eventually be relegated). Eduardo was horribly injured and the Birmingham player expelled, Walcott then scored twice for a 2-1 lead and it seemed that we would keep the 5-point lead over ManU; but in injury time, Clichy made this horrible mistake that led to a penalty, a 2-2 draw and the loss of two points. I saw that at the pub. I was furious and petrified. Everybody was. The end of the season was still far away and the game had no particular significance but everybody felt that that double blow was bad omen. We were losing another key striker for the rest of the season after can Van Percie injury, and moreover, confidence was broken. In this occasion the captain Gallas did little for the morale and solidarity of the team, making it even more melodramatic. He sit alone in disgust and disbelief on the pitch long after the final whistle, like he needed to calm down before going back to the dressing room, to avoid killing Clichy.

It was indeed the first of an awful series of four draws against secondary teams: Aston Villa (H), Wigan (A), Middlebrough (H), while ManU was winning all their games. So the 5-points lead became a 3-points tail by mid-March.

It is bitter to realise that DESPITE that bad run we had in March, we STILL could have clinch the title. We were one up at Chelsea 20 with 20 minutes to play. We were one up at Manchester with 30 minutes to play. Then Van der Saar made this fantastic save to deny Rio Ferdinand awkward back pass. With most goalkeepers this was a sure own-goal, Arsenal would have been 2-0 up with 25 minutes to play at Old Trafford; Arsenal would have probably won that game. 3 more points to us, 3 points less to ManU; the final ranking would have been Arsenal 86, Chelsea 85, MU 84. But then I guess we were lucky on other occasions, like the injury-time Gallas goal that avoided losing to ManU at home in November and the 2-3 10-men victory over Bolton.

Considering how narrow it has been in the end, one cannot avoid to think that, had Wenger bought one more striker during the winter window to compensate for Percie’s long term injury, the Eduardo injury would have had lesser consequences. Adebayor had a great season: he scored 24 league goals including in decisive games like at Liverpool in Champions and at Old Trafford. But after the Percie/Eduardo injuries he could not hold the attack alone and nobody was there to support him when, like everybody else, he had this period of tiredness in March (Bendtner was little help).

Champions League

We had to suffer another horrible moment this season during the second leg of the Champions League quarter final against Liverpool. After a 1-1 draw in London, we scored first in Liverpool, showing great football. Then two Senderos mistakes and a good Torres goal made 2-1 for the Reds. 10 minutes before time I was resignated to being out. But then Theo Walcott restored hope with this fantastic 80 metres run. It was worthy of the greatest runs in football history, those by Maradona, Tigana or Giresse. After eliminating six or seven Liverpool players he finally delivered to Adebayor who scored for 2-2.

We were qualified on away goal with 7 minutes to go. It was all the more painful when two minutes later an awkward situation made a penalty for Liverpool – a situation that looked a lot like the fault on Hleb that was NOT sanctioned by the referee in the first leg. Gerard scored. 3-2, it was over. Losing is OK, but losing on a penalty, five minutes from time, after having scored this extraordinary goal by Walcott/Adebayor, that was very very hard. But I want to remember this epic Walcott run, as well as the victory in San Siro over trophy holder Milan AC, with a glorious shot by Fabregas.

There was other fantastic games this season: the second leg of Chelsea-Arsenal was great and the Moscow Final Chelsea-MU was thrilling. Chelsea was horribly unlucky (three woodwork including Terry’s slipping on a decisive penalty) ; normally I hate Chelsea more than ManU but during that game I found myself supporting Chelsea especially after Ronaldo screwed his penalty shooter. And that’s too much glory for ManU…

The domination of the Big Four

The top four shows the usual big four. Over the last six seasons only Everton (fourth in 2004-2005) and Newcastle (third in 2002-2003) have put their names in the top four. This year, Newcastle’s returning coach Kevin Keegan said after losing to Chelsea that there is no way Magpies or any other club can make top four for all eternity. It shocked the locals and trigger and press argument: is it a good or a bad thing? A majority of pundits said it is true that there are two Premiere Leagues, top four and the rest, but it is OK because both are thrilling. It is true that the average points of top four has been steadily increasing over the last six years: 83 points this season, 74 points six years ago, and only 69 points this year in France.

The English big four are also dominating European football with, for the second year in a row, three English teams in the semi-finals, and a 100% English final.

Goal of the year
Ex aequo Adebayor’s volley against Spurs and Rooney’s exquisite lob against Portsmouth.

my world-famous clafoutis recipe

A recipe is probably the last thing people who know me would expect on my blog. But Clafoutis is the one and only recipe I know. I should know more: after all my grand-father Emile was a patissier. He retired at 67 when I was an 8-years-old boy and for a while I lived with my grand-pa and granny in this tiny town in Limousin in the centre of France. He gave up professional cooking and one of the only cake he was still doing occasionally was Clafoutis, a typical and easy pudding from Limousin. He called that 'family pastry' dismissively by contrast to serious patisserie. Emile was doing cherry clafoutis, during the cherry season, and also pear-apple ones in winter. But it actually work with other fruits - I have also tested peach/rasperries and it was a success in several London picnic occasions, if I may say so (unless my friends are good liars).

For 8-10 people
6 eggs
200 ml milk
100g sugar – 6 tpsp
80g flour – 10 tsp
(in fact it is simply, more or less, a pancake dough)

Butter
1 tea spoon of rhum or kirch
Vanilla
Cinnamon

Fruits
- 500g cherries (keeping the kernels in makes clafoutis more juicy and spitting the kernels is part of the fun of this traditional country cake)
OR
- 450g peach, 170g raspberries

Preparation: 25 minutes
Cooking: 45-50 minutes (don't forget it takes an awful lot of time to cool down when out of the oven - I always forget and I arrive late at picnics)

Conversion:
1 tablespoon = 8g flour
1 tablespoon = 15g sugar

29 mars 2008

the Little Angels Theatre


Better late than never, during Easter break, while walking aimlessly by a sunny Good Friday, I have come across a nice little spot in Islington, the Little Angels Theatre. It's a Puppet Theatre hidden in a cute muse at spitting distance from Angel (Dagmar Passage) in the posh neighbourhood East of the tube station.

Maki and I we saw 'Jack and the Beanstalk' a funny adaptation of the well-know story of the brave little boy who climbs a magic beanstalk and overcomes a fearful giant. ‘Combining table-top and shadow-puppetry, it is set in a wild desert world that wonderfully weaves a traditional tale with a modern setting’.
This nice little place has a long a prestigious history. In 1961 a troupe of enthusiastic puppeteers under the leadership of South African master, John Wright, found a derelict temperance hall in Islington and transformed it into a magical little theatre, specially designed for children and for the presentation of marionette shows. It opened on Saturday 24th November 1961. Over the next 30 years, The Little Angel company created and performed over 30 full-scale shows. They toured all over the UK and abroad, absorbed new styles by participating in International puppet festivals (including Europe, USA and the Far East), collaborated with musicians (including Daniel Barenboim and Robert Zeilger) on large-scale productions for the South Bank and Barbican Centres, and provided a constant source of inspiration and training for a new generation of puppeteers and performers. Those in the know still find their way to Dagmar Passage from all over the world. Our productions now use every type of puppet and draw their themes, styles and stories from a wide range of cultural traditions. We also programme a wide variety of visiting puppet companies, giving London audiences a marvellous opportunity to experience the diversity of this art form.

11 mars 2008

10 fun facts about Japanese

I will be starting learning Japanese next month at SOAS (School of Oriental and African Studies) in London but I have already casually studied ‘Japanese for busy people’ (yes I am a very busy man) and so far I tell you folks: Japanese is fun and (relatively) easy. Everybody gives it a try! (warning: some or all of the following may be entirely wrong and I will only realise my pain it when I start the lessons).

1. No genders in Japanese, everything’s neutral just like in English, no headache like in French or in German.

2. Pronunciation is super easy. It is actually one of the poorest phonetic systems: only five vowels, few consonants and no sound that doesn’t exist in English or French. Conversely, Japanese struggle with European languages. They cannot pronounce two consonants in a row or an isolated consonant at the end of a word: they can only hear and pronounce syllables composed of one consonant and one vowel. So they insert a vowel (generally a ‘u’) to have only full syllables. For instance France will become Fu-ran-su.

3. Grammar is easy, no conjugation, few tense forms, the present and future form is exactly the same (you only know it’s one or the other from the context or if there is a time adverb).

4. Writing, well, I am not sure. Here’s what I got so far. Old Japanese used to be written entirely in Chinese Kanji (ideograms). Then (and it’s a good story) some women introduced Hiragana and then Katakana ; both are phonetic alphabet of about 40 simple characters: ma, mu, mi, mo, me, ka, ku, ki, ko, etc… I understand they did it because they were not allowed to have formal education and learn kanjis so they educated themselves through an easier system. Katakana was also the way to integrate foreign words and concepts into Japanese. So you would think it’s relatively easy to learn how to read and write, but the problem is in fact, nowaday’s newspapers and books and billboards are written in a combination of kanjis, katakana and hiragana so knowing one of the alphabets or even the two will not be enough to understand a text if you don’t know the kanjis at all. So far I have studied phonetically with the romanized transcriptions (‘romaji’) that Japanese can read but would never use.

5. We think we have too many English words in French but it seems there are many more in Japanese. Supu (soup), jusu (juice), terebi (television), basu (bus), takushi (taxi), depato (department store), beddo (bed). But I suspect there is another, older Japanese word for each. On the other hand they have a Japanese name for baseball (yakyu) - this is because English was banned during WWII and they were already playing baseball.

6. Now difficult bits. First the verb comes at the end, like in German. But that should be OK.

7. Another difficult thing is the way of counting. They have abstract numbers (ichi, ni, san) but to mention three people, three books or three apples they will use three or four slightly different systems.

8. But the really difficult thing is politeness. Using the right degree of politeness. There are three ways of saying yes: 'Hai' is very polite, 'Ee' still polite, 'Un' very familiar. Generally speaking, you use the most polite form more often than you would in any other language, and you are better off being too polite than risking not being enough.

9. Surprising form of politeness for a European: there are several ways of saying ‘I’. My textbook always use 'watashi' but Maki tells me it is very very businessy and as a man I could use ‘boku’ instead in a casual conversation, while there are other ways of addressing. Between mates, a cooler way is 'ore'.

10. Japanese hates pronouns and hardly use them at all. The familiar ‘you’ (tu, thou) is seldom used and there is simply no polite you (vous, usted) as far as I am aware. The polite way of addressing someone is to speak at the third person using his/her very name. For instance, Mr A speaking of me to Mr B will say ‘Vincent-san wa furansu-jin desu’ (Mr Vincent is French), but if Mr A is speaking to me, it will ALSO be ‘Vincent-san wa furansu-jin desu’ (You are French), but then I am wondering, who is he talking to, is there another Vincent in the room?

Proust and the viewmaster

The world's first-ever live 3D transmission and screening of an international sporting event took place in London on Saturday 8 March 2008. The Six Nations rugby game between Scotland and England in Edinburgh was captured by three 3D rigs comprising dual Sony HDC950 cameras. The two resulting HD feeds (for left and right eyes) were then uplinked and transmitted by satellite to Riverside Studios in west London, and projected through two Christie projectors allowing 250 viewers to watch the game on a big screen with light stereoscopic glasses. The event was a joint venture between BBC Sport and the3DFirm, a consortium comprising 3D specialists Inition and rental and post-production company Axis Films.The closest precedent was February 2007, when the NBA captured a basketball game in 3D and transmitted it via fibre cabling to a nearby hotel. Riverside Studios were the location of the BBC's first colour transmissions in 1967.

Although the Riverside test screening went perfectly well, the viewing experience was limited in terms of production with only three cameras positions, no close-up zooming or slow-motion replay. The light stereoscopic glasses rendered the experience familiar and seamless, and delivered a true immersive like-being-there sensation.
Combining HD and 3D technology could well bring live broadcast events to big-screen venues to an entire new level. Many movie theatres are equipping themselves with 3D-ready digital projectors in order to offer stereoscopic 3D films like the currently hugely successful 'Hannah Montana 3D' from Disney. They may one day use the equipement for 3D events too.

3D technology is also coming to flat-panel displays too, with glass-less autostereoscopic products like Philips' WOW range. At the moment they cannot support real-time sources but the technology is moving rapidly. The 3D displays are still too expensive for the consumer market (around £6,000 for the 42-inch model from Philips) and 3D broadcasting is far from being standardised.
Given that 3D capture and transmission can be developed using elements of existing HD technologies, it is possible to expect 3D to become the next step of premium sports pay TV, with regular commercial broadcasts ten years from now. In the meantime the primary market for autostereoscopic displays will be corporate and 'digital signage' out-of-the-home advertising.

On a personal note, stereoscopic 3D always puts me in a feel-good Proustian mood because my favourite child toy was the ViewMaster this bulky red plastic slide viewer (photo) I had Robin Hood, Bambi, The Jungle Book and so on; I felt like a kid at the Saturday projection, I loved it. Besides it was like being in the stadium in the middle of the Scottish crowd and Scotland won that game in a miserable heavy rain. As for the flat 'autostereoscopic' panels, they remind me of these glittering birthday cards my granny would send me, showing Mickey and Donald engaged in some action and when you moved the card you could see 3D effects or even mouvement.

8 mars 2008

Monsters Inc.


Le ciné-club de Meudon a tourné entre 2004 et 2006. En deux ans, nous avons vu 8 films présentés par 8 copains:
Solaris de Steven Soderbergh, présenté par Christophe
Chat noir chat blanc d’Emir Kusturica, présenté par Philippe
Honky Tonk Man, de Clint Eastwood, présenté par Marc
Les choses de la vie, de Claude Sautet par Delphine
Ghost in the Shell de Masamune Shirow présenté par Caroline
Le Festin de Babette, de Gabriel Axel présenté par Elizabeth
A bout de souffle de Jean-Luc Godard, présenté par Jean-Marc
Fitzcarraldo de Werner Herzog, présenté par Séverine

J’ai clos la série avec ‘Monsters Inc’, des studios Pixar, réalisé par Pete Docter. Voici mon petit speech d’accompagnement. Voici pourquoi j’aime ce film.


D’abord je voulais montrer un film d’animation en volume, en 3D. Parce que certains parmi les amis n’étaient pas encore totalement convaincus, à l’époque, que l’animation c’est non seulement du cinéma digne des adultes, mais qu’on produit de nos jours d’authentiques chefs d’œuvre, qu’on a la chance de vivre, depuis 1995, un véritable âge d’or du cinéma d’animation. Je me souviens encore de la tonalité condescendante de la critique de 'Toy Story 2' dans ‘Les cahiers du cinéma’. Le pauvre type coincé qui avait écrit le papier ne pouvait pas imaginer qu’un film cher et populaire, et divertissant, et comique et qui a eu un succès colossal, puisse avoir le moindre intérêt artistique. Il cumulait visiblement trop de handicap. 'Monster Inc.' a eu un succès encore plus important que Toy Story, dépassant les 200 millions de dollars de recettes aux USA. A l’époque (et encore aujourd’hui) seuls les gros blockbusters pour ados cons atteignaient normalement des scores aussi astronomiques.

Pourquoi j’aime en particulier l’animation en volume? Il y une explication très simple et très ‘Rosebud’ : mon jouet préféré quand j’étais petit, c’était ces espèces de jumelles en plastique rouge : on insérait des disques en cartons avec 14 petites diapos sur tout le pourtour. En faisant tourner le disque via une petite gâchette, on pouvait voir successivement 7 scènes en relief grâce à procédé stéréoscopique vieux comme la lanterne magique. J’avais Peter Pan, Les Aristochats, Le Livre de la Jungle, Robin des Bois etc. Ce jouet s’appelait ViewMaster, je l’ai toujours (photo) et c’est mon plus gros trésor (après ma collection d’Astérix évidemment). On n’avait pas la vidéo dans les années 70 ; et c’était ce qui se rapprochait le plus du cinéma à la maison. Non seulement c’était en relief (en fait : des marionnettes photographiées sous deux angles différents dans un décor) mais ce que j’adorais c’était qu’on pouvait faire varier la lumière et l’ambiance de chaque vue en dirigeant l’appareil vers une lampe (couleurs chaudes) ou une fenêtre (couleurs brillantes).

L’autre raison c’est que j’aime les marionnettes et que la 3D ce ne sont jamais que des spectacles de marionnettes. Monsters Inc comme tous les films du studio Pixar ce sont des images ‘de synthèse’ par ordinateur (Computer Generated Imaging CGI). En termes visuels et graphiques, je préfère les véritables marionnettes comme dans The Corpse Bride de Tim Burton ou dans les films du studio Aardman (Wallace et Gromit, Chicken Run) qui utilisent la technique de prise de vue image-par-image (stop motion) elle aussi vieille comme Méliès. Cependant les artistes de ‘rendering’ de chez Pixar arrivent à faire des choses merveilleuses sur la lumière, les reflets et les textures, et l’animation 3D par ordinateur n’a plus du tout le coté un peu lisse et sec des débuts. Dans Monsters Inc par exemple, le travail sur la fourrure soyeuse de Sully était prodigieux pour l’époque. Et comme, l’animation en prise de vue réelle est de plus en plus retouchée par ordinateur, on ne verra bientôt plus la différence entre les deux techniques qui vont s’interpénétrer au gré des choix artistiques.

Si j’aime en particulier les films Pixar, c’est pour la qualité de la narration, l’intelligence des scénarios, le brio des dialogues. D’autres studios d’animation comme Dreamworks rivalisent (presque) sur la qualité visuelle, mais restent loin derrière (à mon avis) sur la narration, la caractérisation, la tonalité, l’élégance de l’humour qui me rappelle la grande tradition des comédies américaines des années 50. Pour avoir rendu à l’animation ses lettres de noblesse après des décennies de domination infantile et de plus en plus médiocre de la part des studios Disney. Monster Inc est comme tous les grands films, une œuvre à multiples niveaux. C’est un merveilleux film pour les enfants mais il y a des tas de niveaux pour le seul plaisir les adultes : l’utilisation des plans et du découpage du cinéma ‘adulte’ américain, des thèmes du cinéma policier, du buddy movie, du thriller politique, du cinéma fantastique (la poursuite borgésienne dans la bibliothèque des portes). Les studios Disney en décadence s’étaient spécialisés dans l’adaptation de conte de fées du XIXème ou livres pour enfants à succès mais Pixar a depuis le début développé des histoires originales. Comme ‘Toy Story’ partait de l’idée traditionnelle des jouets vivants en la modernisant, ‘Monsters Inc’ part de l’idée merveilleusement simple qu’il y a EFFECTIVEMENT des monstres cachés sous les lits et dans les placards des chambres d’enfants et nous raconte l’histoire du point de vue des monstres (qui, merveilleuse inversion, considèrent que ce sont les enfants les monstres). Les monstres sont des gens comme vous et moi : le gros monstre à fourrure verte s’appelle James P. Sullivan (j’adore le P.), et son copain le cyclope sur patte se nomme Mike Wazowski. Comme tous les américains moyens, nos héros portent des noms polonais et irlandais.

Mais ce qui est le plus touchant pour un adulte (pour moi en tout cas) c’est le véritable sujet du film qui est l’apprivoisement d’un adulte par une enfant de deux ans. J’avais autour de 32 ans quand j’ai vu le film et comme Sully et Mike, les héros du film, trentenaires célibataires, je considérais les enfants de moins de six ans comme des monstres effrayants et incompréhensibles, des grenades dégoupillées. J’étais pile poil à l’âge où j’ai commencé moi aussi à trouver mignons les enfants des autres et à me dire ‘merde j’aimerais bien en avoir un comme ca à moi un jour’.

Les moments préférés :
• Le regard de Sully quand apres avoir couché Boo, il est surpris de s’attendrir sur le petit monstre qui vient de s’endormir dans son lit.
• Le désespoir et les évanouissements a’ la Tex Avery de Sully quand il croit voir Boo découpée en morceau dans un broyeur
• La scène du restaurant japonais ‘Harryhausen’s’ ou l’apparition de Boo sème la terreur. Clin d’œil de Pete Docter au maitre de l’animation Ray Harryhausen, pionnier de l’image par image dans les années 50 (Jason et les argonautes) qui a engendré plein de vocation dans la génération des Burton et Lasseter. Autre clin d’œil dans the Corpse Bride, le jeune héros joue sur un piano de la marque Harryhausen.
• Le bonus post-générique. Pixar a inventé et filé la tradition du bêtisier pastiche pendant les crédits ; cette fois c’est encore plus drôle avec les clins d’œil aux autres personnages Pixar et surtout la comédie musicale d’entreprise, mise en scene par Mike, qui nous reraconte toute l’histoire en trente secondes, merveilleuse mise en abyme par le crooner de Mike.
• J’allais oublier le générique du début : merveilleuse idée de faire précéder un film en 3D par une séquence purement 2D, dans un style graphique en à-plat de couleurs simples rappelant un peu Les 101 Dalmatiens, sur le thème des portes. Avec une super musique de jazz. Un régal.

La musique justement. Comme tous les premiers films de Pixar, elle est signée Randy Newman, et elle est super. Pour le thème principal ‘I wouldn’t have nothing if I didn’t have you’, Newman a obtenu son premier Oscar de la meilleur chanson apres moultes nominations (le film était nominé aux Oscars 2002 mais c’est Shrek qui a gagné…).

Les courts métrages, autre magnifique tradition Pixar. ‘Monsters Inc’ est accompagné, comme tous les autres longs de Pixar par un petit bijou. Cette fois c’est ‘About the Birds’ avec une musique de jazz à la Reinhardt.

Le casting enfin, la cerise sur le gâteau : John Goodman, un régulier des frère Coen (Sully), Billy Crystal (Mike) et Steve Buscemi dans le rôle du méchant.

27 février 2008

earthquake in London

My friend Elizabeth Le Gall was in London for work and was sleeping at my flat yesterday evening so she can testify that I told her at breakfast this morning:

'I think I felt like a small earthquake during the night but I am not sure I wasn't dreaming because it is impossible in London, isn't it? On the other hand dream was so realistic.... I remember distinctly having felt two quakes lasting a few seconds each and the noise of the window glass shaking. I remember thinking half asleep 'OK it's weird, it feels like a small earthquake (like the one I felt in Guadeloupe once) but anything bigger must be very scary ; how do they take it in Japan where bigger ones happen all the ...' then I went back to sleep right away. And when I woke up I thought 'nah it must have been a dream, or a big truck passing in the street, or Satan taking control of my bed'.

Elizabeth agreed, it must have been a dream; she had not felt anything in the other room.

Well it turns out it was not a dream after all. There WAS an earthquake in England at 1am last night. 5.2 on Richter scale. The biggest in 25 years. Nobody else in my office seemed to have felt it at first (to be entirely honest I finally found two other colleagues after asking everybody – 40 people! – which helped me believe it more than BBC News). So here we are: I guess I have ultra sensitive senses (ha! at last I know what my superpower is) OR my house's foundations are bad or the underground of Barnsbury is of a certain soft rock.

An earthquake in London! That sounds ridiculous! I thought I knew enough of geology: UK is far from the borders of the Eurasian plate, far from the touching points with the African plate that mark the only seismic areas of Europe (Turkey, Greece, Algeria, …). Well I was wrong. Everything can happen in the UK. Nobody was killed and the worst damage were a few chimneys and roofs that collapsed near the epicentre in Lincolnshire. An expert on TV said that one level on the Richter scale means 30 times more power, which means scale 8 quakes are about 2700 times more powerful than what we felt last night.

Living in London of course you are used to expect many kinds of disasters as highly likely one day or another:
- terrorist attacks from any kind of popular extremist groups
- financial crises
- wrongdoing from real estate agents
- signal failure on the circle line
- the City and Canary Wharf being flooded following global warning (central London is at sea level)
- and of course, worst of all, the idea of Arsene Wenger resigning as Arsenal manager one day.

…but the last thing we would expect is an earthquake in London.

Earthquake felt across much of UK

13 janvier 2008

ballade à Hampstead

Ballade guidée avec Eric le surveillant général du Lycée français de South-Kensington, londonien ‘depuis 34 ans’ passionné d’anecdotes gothiques sur Londres, de cimetières, de fantômes, de Jack l’éventreur, de Dickens etc.

(29 mars 2007 – beau temps, terrain sec, vent frais)

Small hill between Hampstead tube station and Hampstead Heath park. Quartier historique et pittoresque. La liste des célébrités ayant vécu à Hampstead fait deux pages sur Wikipedia et la liste de people vivants est tout aussi longue. Je ne mentionne ci dessous que les gens qu’Eric nous a mentionné pendant la ballade sur la colline du vieux Hampstead. C’est un peu le Montmartre de Londres par le coté village bucolique et tranquille mais sans le Disneyland attrape-couillon de la place du Tertre et du Sacré Cœur qui polluent le haut de la butte.

Ici ce n’est pas les gigantesques baraques géorgiennes de Chelsea, trustées par les milliardaires russes – c’est plus modestement des petites maisons bicentenaires, hupchissimes, habitées par des artistes, des écrivains, des hommes politiques - et qui valent sans doute presque autant que les demeures de Chelsea. Souvent des maisons semi-détachées de style géorgien ou victorien. Parfois de petite maisons isolées de style cottage rural. Eric nous montre la plus vieille de toute, une ancienne fermette de 1734.

On part du métro Hampstead. Je ne note pas les noms de rues mais je saurais retrouver l’itinéraire si il y a des amateurs de refaire la ballade (une heure suffit). Maison de Bram Stoker. Maison de Lord Alfred Douglas, le jeune amant d’Oscar Wilde qui le trahit de façon ignoble après le procès de Wilde (voir le tragique De Profundis).

Saint John's Church Yard sur Church Row. Ancien cimetière, petit jardin romantique. Tombe de John Constable, qui peignit le ciel vu des collines d’Hampstead. Petit tombeau romantique qui inspira à Bram Stoker, un soir de brume, toute l’histoire de Dracula (scène de la dévampirisation de Lucy par Van Hessling). On aperçoit une petite maison au toit vert, ou naquit Elizabeth Taylor, avant que son père modeste acteur anglais, parte à Hollywood pour jouer dans Lassie.

De l’autre coté de la rue, nouveau cimetière, un peu plus récent. Tombeau de la famille Busson du Maurier. George du Maurier (1834-1896), d’origine normande et cornouaillaise, fut un très populaire dessinateur dans les journaux illustrés de la fin du XIXème (magazine ‘Punch’). A plus de cinquante ans, il écrivit son premier roman Trilby qui contre toute attente fut un phénoménal succès de librairie, au grand plaisir (quoique mitigé de jalousie) de son meilleur ami Henry James. Leur magnifique amitié est racontée de façon très émouvante dans Author, Author de David Lodge. Son fils Gerald du Maurier fut un grand acteur et le père de Daphné du Maurier. La fille de George, Sylvia, épousa Sir Llewllyn Davis qui mourut en laissant cinq garçons. Le dramaturge John Barry prit la mère et les enfants en affection et adopta les cinq garçons à la mort de leur mère ; c’est durant leurs jeux à Hyde Park qu’il eut l’idée de Peter Pan (raconté dans le mélo Neverland avec Kate Winslet and Johnny Depp). Quatre des cinq garçons sont aussi enterrés là. Famille tragique : un tué à la guerre, deux suicidés. Le cinquième vient de mourir dans l’anonymat, à 99 ans.

D’autres tombes d’acteurs et d’écrivains. Par exemple Kate Kendall, jeune première des années 50 disparue prématurément.

On remonte une rue longeant le cimetière où l’on croise une minuscule église catholique de style espagnol, avec sainte vierge en albâtre, fondée par des aristocrates français fuyant la révolution. De Gaulle qui habita en bas de la rue de 1940 à 1942 et venait prier ici.

Puis on arrive tout en haut de la colline sur une espece de place on longe l’énorme bâtisse qui fut un asile d’aliéné, puis un hospice, pour finir aujourd’hui en appartements de grand luxe. Grande maison-musée d’un dénommé Fenton, marchand importateur de produits russes. Maisons ou vécurent Laurence Olivier, George Orwell, Robert Louis Stevenson. Le minuscule théâtre de Hampstead ou se trouvait autrefois la morgue locale dont la visite (et la pratique des drogues dures) inspira à Stevenson Dr Jeckyll and Mister Hyde.

Deux chouettes faits divers sanglants : devant le pub Magdala, qui a tout d’un pub rural, Ruth Ellis propriétaire de night-club et mère célibataire de deux enfants tua son amant, playboy et pilote automobile 'people', en lui vidant un chargeur dans le corps avant de se laisser arrêter sur place. Elle fut condamnée à mort et la dernière femme pendue au UK, en 1955.

De l’autre coté de la rue, un français, évadé de Cayenne, tenait un pub maison de passe dans les années 20, avec son associée maquerelle, française elle aussi. Un jour il la tua, la découpa et la mis dans une malle a destination de Marseille. La malle fut interceptée et on trouva la carte de visite du français. Condamné à mort, on lui laissa le choix entre la pendaison et le retour à Cayenne ; il choisit la pendaison. La presse anglaise salua le panache gallique de ce choix.